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Posted: 6.8.2010 - 4 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: Just for fun

En période de vacances, je peux rester à peu près connecté intellectuellement, et même sur le web et mes réseaux, mais sous certaines conditions : 

  • je navigue là où je veux et quand je veux ;
  • j'évite épidermiquement les sujets qui me rappellent mon travail ;
  • je ne recherche que ce qui me passionne, je zappe vite au besoin et je savoure chaque sourire ;
  • j'en profite pour re-découvrir le pur plaisir de twitter et naviguer dans les autres réseaux ;
  • je me fiche de ma e-réputation et je m'amuse !

Mais dans cet état d'esprit, qui me fait oublier mon statut d'éditeur web et me replace en simple spectateur béat, j'ai ressenti un manque :

twitter n'offre pas assez d'occasions de sourire, or cela ne nuirait en rien à l'usage que nous en faisons.

Une blagounette, surtout quand elle est un peu naze, a toujours quelque chose de sympathique, et c'est juste une seconde ou deux, le temps d'un regard posé sur la timeline sur l'intrus, pour se décontracter de nos crispations perfectionnistes dans l'usage que nous en faisons (beaucoup d'entre nous ayant de forts louables scrupules quant à la qualité de l'information relayée).

Qui plus est, beaucoup d'entre nous apprécie aussi dans twitter ce talent particulier qu'ont certains pour faire tenir une aphorisme ou une annonce complexe en moins de 140 caractères: c'est aussi cela qui est après tout fun en soi, et stimulant dans cet outil.

Alors comme je suis dans cet état d'esprit totalement décontracté, et que j'ai pour bonne excuse d'avoir laissé mon cerveau frire sur la plage, entre parties de pêche matinales et beach volley après la sieste (vous avez vu comme je suis malin pour désamorcer les critiques, hein), je propose qu'on lance un hashtag : #twittjoke : ce seraient les blagues spécifiquement conçues pour tenir en moins de 140 caractères ( un peu moins, certes, avec le hashtag). Exemple (débile, le mien, datant d'hier et qui m'a donné envie de poursuivre) : "Je conseille AlQuaïda Beverages: une boisson saine riche en anti-occident. Désolé."

Et puis vous savez quoi ?

Je propose même plusieurs autres choses dans la foulée :

  • à la rentrée je lancerai le site web twittjoke.com dans lequel remonteront toutes les blagounettes hashtagguées
  • on va bien trouver parmi nos contributeurs un chic type pour mettre à contribution son entreprise et nous trouver des lots pour un concours
  • on va trouver un modèle économique pour que... mais non là je m'égare - non Fred tu es en vacances, arrête !

On ne se refait pas...

Posted: 28.4.2010 - 12 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category:

Lors de la conférence F8 Mark Zuckerberg a présenté le successeur de facebook connect qui permet d'interagir aisément avec des sites externes à facebook via le bouton "like" en contextualisant le contenu mis en avant et en lui conférant du sens. Facebook nous offre donc une belle avancée vers le web sémantique qui soulève de nombreuses questions tant sur le point du changement de la consommation des contenus et des répercussions sur le trafic que sur les données personnelles données volontairement à Facebook.

 

Bon, tout cela est bien joli, bien propret. Et très ennuyeux. 

On se pâme, on s'extasie, on nous bassine avec les avancées de Facebook et trop peu d'observateurs sont suffisamment aguerris aux tactiques digitales pour comprendre le caractère à la fois grotesque, ubuesque et inquiétant de cette hégémonie d'un seul réseau.
Est-ce que vous réalisez aussi que tant de bruit va finir par tuer toute liberté d'expression ? je ne pourrais plus aller sur un site sans savoir qu'untel a aimé la même page que moi : oui certes, et alors : on s'en fout bon sang.
Franchement, est-ce vous regardez déjà attentivement les mille et un "like" de vos consoeurs ? Est-ce que vous allez leur donner tant d'importance que ça quand il y a en aura des dizaines qui se manifesteront à la moindre page visitée ?
Que dalle !
Rien que d'y penser je suis nauséeux, le cerveau transpercé par les perspectives cinglantes de cette infobésité soi-disant compensée par la qualité de son nano-ciblage
 
 - Oui oui oui je sais : "Avec un tel système, il sera possible pour Renault de proposer ses pubs à ceux qui ont montré de l’intérêt récemment pour un modèle particulier de la concurrence, pour peu que ces derniers soit situés à proximité d’une concession, cette publicité pourrait tout a fait prendre la forme d’une proposition de rendez vous pour un essai, tout en vous suggérant d’en parler à une sélection d’amis, fans de la marque. Vendre un livre ou un film se ferait sur un mode tout aussi personnalisé, le renouveau apporté par cette technologie au monde de la publicité est totalement disruptif, tout comme l’a été en son temps celui proposé par Google."
 
Certes.
 
Et puis tant qu'à faire dès que je avoir des gaz on va me proposer d'acheter une cornemuse. 
 
Tout ceci est infantilisant, transforme comme l'eût dit un grand philosophe ce qui va nous rester d'intelligence autonome en volonté ramollie par une overdose de stimuli externes qui vont constamment penser pour moi. Le règne du suivisme et du prêt-à-penser pointe le bout de son nez.
 
J'ai une fois tenté de "dépositionner" pour raisons de protection de ma vie privée mon statut amoureux sur Facebook, que j'avais au début rempli distraitement, hypnotisé par mon immersion ludique sur le site. Depuis je suis envahi de grosses paires de nichons sur toute la navbar droite, à raison de 3 ou 4 photos par page, sous prétexte que leur algorithme génial avait déterminé que j'avais probablement besoin d'une partie de jambes en l'air avec une "fille facile dans votre région" pour noyer mon chagrin ou du moins répondre aux exigences de mon célibat consumériste.
 
Facebook est la quintessence de l'outil d'aliénation des masses, le marché est non seulement partout, mais il est en passe de devenir omniscient.
 
Ce que d'aucuns se rassurent en ergotant que ces algo sont puissants et vont finir par nous rendre de vrais services, moi je n'y vois qu'un mode de navigation hétéronome, pollué, où l'on finit par confondre "viralité" et "infection", "pertinence" et "contagion".
 
Ce web-là a tué toute la "poiesis" de la sérendipité.
 
Plus que jamais fourbasse, il consomme le glissement sémantique entre ce qui naguère nous "stimulait" encore intellectuellement (tant la recherche est plus instructive que la trouvaille comme chacun sait), et le rabaisse sous la ceinture au rang de "stimuli" sans surprise, où l'on se borne à réinventer de façon plus sophistiquée que jamais ce dont rêvaient les premiers promoteurs imbéciles-zélés de la bannière invasive : l'impulsion d'achat, l'instinct du clic, le prurit visuel.
 
 
Non seulement je suis exaspéré par ce ridicule suivisme généralisé l'échelle de la planète (nous serions donc si pusillanimes que nous aurions constamment besoin de nous rassurer sur les centres d'intérêts partagés de nos "amis"), par la médiocrité officialisée dans ce langage binaire à la limite du grognement primal (le fameux "like", à peine plus élaboré que les "glop" / "pas glop" du marsupilami) mais mon ulcère grandit en proportion de la bêtise du discours servi aux marques à qui l'on présente cette usine à gaz comme la machine publicitaire la plus visionnaire de tous les temps.
 
Jusqu'ici pour moi Facebook était une immense poubelle, maintenant j'ai l'impression que ces détritus vont se balader comme autant d'infections un peu partout où je mettrai les pieds.
 
Mais je serais heureux qu'un contributeur éclairé me donne tort en plateau TV - des amateurs ?
Posted: 23.3.2010 - 5 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

En toute modestie je serais très heureux d'avoir vos ressentis sur ce débat de fond qui commence à s'affirmer avec une force grandissante autour de la Neutralité du Net.

Nous avions déjà poussé ce débat sur la "Net Neutrality" avec Sandrine Bélier, vous pouvez voir la plateau en cliquant ICI.

Ce mercredi le président du Nouveau Centre et ministre de la Défense Hervé Morin sera sur notre plateau pour en parler.

J'ai besoin de vous de sorte que je puisse citer à l'attention du Ministre vos ressentis sur ce que vous estimez être les risques encourus pour vos libertés numériques (s'il y a lieu);

Le sujet a été tardivement livré ici (à l'instant !) :

Tournage planifié le 24.3.2010 à 16h30 : Il est grand temps de parler Neutralité du Net avec un ministre, non ?

Tout semble indiquer que cette problématique de la Neutralité du net est encore réservée à une population de geeks de l'écosystème, mais qu'il est de notre devoir de faire un immense effort de pédagogie en la matière, car ce que le Web pourrait un jour devenir peut parfaitement influer sur notre vie démocratique. 

Or, cela semble se jouer à moyen et peut-être même court terme.

Posted: 16.3.2010 - 15 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: Disruptions et évolutions

C'est avec émotion que je suis revenu sur cette page après une journée un peu folle qui m'a clairement privé du plaisir de répondre à chacun de vos billets en temps réel.

Je vis cet échange - car là aucun doute, le terme n'est pas poussif, c'est un véritable échange - comme une sorte de catharsis professionnelle collective absolument salutaire.

Je ne veux néanmoins pas m'apitoyer sur notre sort et je vais le prouver.

Ma conception du nouveau média dit "bidirectionnel" sur lequel nous sommes positionnés c'est qu'il doit aussi permettre occasionnellement, car cela doit certes rester rare, de laisser exulter nos humaines faiblesses : je ne veux évidemment plus, j’en suis presque malade, de ces contenus cellophanés habilement recouverts d'un discours consensuel et froid sous prétexte que c'est du B2B : les limites doivent bouger. La désespérance est telle dans le monde des entreprises d'aujourd'hui que je ne trouve pas de meilleur moyen pour poser ma brique dans cette mare de bile angoissée que celui d'inciter tout le monde à laisser sortir ce qu'il a sur la patate comme je l’ai fait. Je savoure d'ailleurs d'un plaisir hautement coupable ma propre liberté de ton : égoïste, je ne serais qu'un conard de plus qui vous ferait subir ses états d'âmes ; égotiste (cruciale nuance orthographique), j'érige modestement mon exemple poisseux au rang de laboratoire utile à quelques-uns et roboratif pour notre équipe.

Aussi n'ai-je jamais eu d'autre intention que de marquer d'une pierre blanche l'instant de mon petit coming out avec l'espoir que ce jalon symbolique puisse se révéler productif d'idées pour et avec d'autres.

J'ai eu le sentiment de prendre un risque démesuré je le confesse : celui d'être haïssable dans mon propos. Un je-ne-sais-quoi d'alchimie lumineuse m'a épargné pour cette fois : et cela je vous le dois totalement... Je vous le dois totalement !

Vos réactions indiquent que ce fut donc un cri probablement profitable, peut-être même relativement sain - et ce, au-delà de mes espérances. En tout cas, une improbable propédeutique au débat le plus urgent à mener pour les professionnels que nous sommes : à savoir « euh, de quoi allons vivre ? » « Selon quel modèle économique ? » - Qu'à cela ne tienne : en ce qui me concerne l'exhibition assumée de la réflexion à blog ouvert est définitivement décomplexée.

Et fera l'objet de plusieurs émissions en vos compagnies.

Je ne peux donc qu'en assumer les bonnes conséquences désormais. Puisque ce sont vos feedbacks qui en constituent objectivement la substance énergétique.

 

J'ai donc tenté une méthode de monétisation facultative et polie ? Puisque j'ai échoué, j'en explore maintenant une autre, plus rigoriste mais non moins pédagogue. Vous allez vite comprendre pourquoi dans les ébauches de propositions qui vont suivre, elle ne peut fonctionner sans votre assentiment.

Je reviens ainsi vers vous avec une offre structurante : le modèle de fonctionnement que je rumine après tout depuis quelques temps dans un coin immergé de mon subconscient marécageux.

En voici un aperçu (le reste avant la fin de ma semaine dans un nouveau billet) :

 

- les visiteurs de ce site ne doivent jamais rien avoir à payer (c'était déjà clair mais je le reprécise, j'ai l'impression que toute la discussion du précédent épisode et mon propre billet ont laissé planer un léger doute sur ce qui aurait pu être une infâme tentation de notre part : mais cela n'a jamais été le cas) ;

- les blogueurs et les "contributeurs" éditoriaux de ce site doivent pouvoir apporter leur expertise et être invités sans rien avoir à payer cela va aussi de soi ;

- néanmoins, il n’est plus aucun plateau qui ne saurait exister sans un financement extérieur en provenance de sociétés, citées ou non sur nos pages, ayant quant à elles les moyens de se construire un plan de comm' pertinent. La qualité des visites dont vous êtes la preuve vivante sur cette même page est incontestable : un contenu marketant subrepticement mixé avec les plateaux habituels n'est pas non plus une option. On pourra toujours néanmoins « brander » un contenu à part : j'appelle cela de « l'infomercial » (on peut comparer ça aux "ateliers" dans les salons et autres événements B2B où la promotion quand elle est bien conçue est aussi une information utile pour le visiteur en goguette) ;

- dernier aperçu, et c'est là que je compte assumer et porter la dimension plus innovante de mon modèle : les "chaînes" thématiques présentes sur cette web-tv sont déjà quelques-unes à présenter du contenu récurrent. Désormais, je souhaite que nous reversions 25% du chiffre d'affaire réalisé sur le sponsoring annuel de chaque chaîne en faveur de la personne (ou de l'équipe) qui co-animera & co-organisera les plateaux et autres tournages qui en découlent. Je ne le proposerai jamais sur des plateaux ponctuels, où cela reposera toujours sur des rencontres bienveillantes et improvisées entre experts intéressants.

Par contre, et j'y tiens, si par exemple un blogueur souhaite développer sur une base régulière (mettons au moins une fois par mois sur au moins un semestre, mais ça peut tout aussi bien être une fois par semaine pendant 2 ans)  un concept de plateaux (en cohérence avec la ligne éditoriale cela va de soi), qui soit "sponsorisable" par une marque, eh bien, que la marque en question soit un contrat apporté par lui ou par nous, quoiqu'il arrive nous reverserons très concrètement 25% du CA réalisé à la seule condition expresse, je le réécris, que cette personne porte, co-anime et co-organise les tournages et ce, sur l'année. Point de salut sans récurrence.

De facto, quelques contributeurs très réguliers, qui nous offrent déjà quelques heures de leur temps chaque mois, et qui se reconnaissent peut-être déjà ici, pourront continuer à s'impliquer de façon tout aussi régulière, à ceci près que le cadre sera un tout petit peu plus structurant. Cela ne nuira pas plus qu’avant à leurs activités principales, et cela n’en restera pas moins un bon investissement « réputationnel ».

Et voilà c'est dit et ce sera assumé : je ne développerai pas de modèle économique sans le penser sur le mode d'un revenue sharing poussé.

Je ne peux pas me départir d'une manière de penser que je revendique avec force : ne pas l'appliquer moi-même dans les grandes lignes serait la pire des impostures.

Et je ne souhaite pas non plus le faire de façon hypocrite en prétextant que c'est le symbole qui compte et en ne reversant qu'une commission dérisoire. 25% sur le CA me semble cohérent avec les moyens et l'énergie apportés de part et d'autre, et très motivants pour ceux qui produisent déjà du contenu. Je ne veux d'ailleurs pas non plus de pigistes (bien que je n’aie rien contre eux) : je recherche des quasi entrepreneurs qui percevront soit dit en passant la dimension ludique du dispositif.

 

A ce stade, vous avez le droit de me dire si c'est une bonne piste ou une énorme connerie.

Pour ma part ça fait longtemps que j'y pense et pour X raisons sophistiquées on m'a déjà répondu que je risquais de créer une usine à gaz.

Un grand homme a dit de la démocratie, immense usine à gaz s'il en est : "C'est le pire des systèmes, mais je n'en connais pas de meilleur".

Je crois que ce positionnement 2.0-là est en effet de facto le moins pire, mais aussi le plus excitant. Pour ceux qui me reprocheront une posture démago détrompez-vous : je ne recherche qu'une seule chose : assumer intellectuellement le concept participatif jusqu’au bout de ses conséquences logiques. Au demeurant un machin qui peut fonctionner dans tous les sens.

 

Quand voulez, on se fait une bouffe et on en parle passionnément pour faire de la maïeutique de modèle économique.

Posted: 14.3.2010 - 92 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

Disons-le d'emblée : bien sûr que produire une web-tv par passion est quelque chose de gratifiant.

Je n'ai pas beaucoup de temps aujourd'hui pour me lancer dans une réflexion élaborée sur ce billet : mais quand bien même vais-je l'écrire d'une traite avant de sortir taper la balle pour évacuer une semaine de surcharge de travail, sachez que ces lignes sont en constante rumination dans ma tête depuis des mois. Ce qui explique leur écriture spontanée.

J'ai eu envie d'écrire ces lignes pour deux raisons :

  1. parce que je me prépare à accoucher d'un changement majeur dans le fonctionnement de cette web-tv collaborative (dont je n'exclue pas la fermeture définitive si l'annonce est mal perçue -pour des raisons d'écologie personnelle que les lignes suivantes vont permettre de comprendre) ;
  2. parce qu'un bloggeur très sympa du nom de Boris Perchat - le genre de personne honnête intellectuellement qui vous rappelle pourquoi vous faites ce métier simplement par sa gentillesse et ses encouragements - m'a envoyé un mail qui a provoqué la petite étincelle et l'envie d'écrire du jour en me disant  :

"ton service a de l'avenir et fait du bien à l'écosysteme"

et je dois dire que les bloggeurs qui partagent notre passion pour l'avenir du web dans nos vies nous donnent de vraies raisons de continuer de par la qualité des échanges que nous entretenons avec eux. Cette web-tv est un hommage très clair à leur dévotion et nous sommes toujours motivés par les mettre en valeur sur nos plateaux, leur permettre de sortir un peu de l'ombre et partager leurs vues éclairées. Il n'est pas question d'eux dans ce billet mais des sociétés qui viennent présenter indirectement leurs offres sur les plateaux.

Car la phrase de Boris m'a fait penser que l'écosystème ne nous faisait quant à lui aucun bien et qu'il s'agit là du fruit d'une idiosyncrasie culturelle franco-française qui me décourage parfois.

Tout d'abord pourquoi suis-je en mesure de faire un constat accablant sur nos mentalités : parce que j'ai une expérience business de gestion d'opération similaire sur 14 pays et que cela m'autorise à faire des comparaisons objectives. Après avoir revendu ma première société à Monster WorldWide en 1999 (un job board) j'ai eu la responsabilité très excitante de développer / coordonner le lancement de plusieurs produits web à échelle européenne, j'étais basé à Londres et j'ai cessé pendant 4 ans de tout voir par le prisme parisien : j'étais posté sur un fantastique promontoire pour observer ce qui pouvait bien se passer d'un pays à l'autre quand on lançait une opération. Donc mon amertume ne date pas d'aujourd'hui car j'ai pu déjà ouvrir les yeux sur nos mentalités dans le business.

Je ne peux néanmoins pas m'attarder là-dessus, ce serait trop long mais j'y reviendrai avec plaisir si on me questionne : je suis intarissable sur ce sujet qui m'a beaucoup fasciné. Voici plutôt ce sur quoi je voulais m'exprimer dans ce billet.

"L'écosystème", disais-je, nous rend très mal le bien que nous lui faisons. Là aussi, je pense qu'il s'agit d'une réalité objectivement défendable (je parle du fait que nous lui fassions du bien, je sais, ça a l'air prétentieux mais dans l'immédiat je me fous de la fausse modestie de rigueur dans le blogo-politiquement correct) - puisqu'il suffit de lire mon billet sur les statistiques du site et en ce qui me concerne de constater les relations professionnelles qui se nouent sur son réseau embarqué ou les players vidéos exportés qui créent du contenu à coût zéro pour les invités sur leurs sites. Là aussi, je vais un peu vite mais je pourrais développer à la demande.

 

Je suis donc dans une phase de relatif dégoût, je le dis comme à mon habitude en toute transparence et sans stratégie réfléchie.
Je ne sais donc si je suis très motivé pour continuer car l’écosystème nous rend en effet très mal les efforts que nous faisons. Explications.

Les sociétés qui ont des revenus convenables viennent se comporter ici comme d’authentiques crevards - ici comme ailleurs cela va sans dire.
Beaucoup de professionnels viennent ici consommer / prendre de la visibilité et se cassent sans dire merci – aucun renvoi d’ascenseur derrière. Le bisounours 2.0 est omniprésent.

Un simple calcul : nous avons reçu 600 sociétés au total en un an.

Jusqu’ici nous n’avons imposé aucun achat, aucune condition.
Mais nous avons juste proposé aux participants d’acheter pour nous remercier leur dvd à 100 ou 200 euros - en pointant bien le caractère symbolique de la chose : une manière de cotiser librement pour encourager la suite. (là je ne comptabilise pas les simples blogueurs : je parle bien de sociétés pour qui 100 ou 200 euros c’est une note de frais acceptable, à la limite du dérisoire).

Devinez combien ont acheté une source vidéo, histoire de dire "merci" : trois en six mois.

Je parlais de mon expérience de gestionnaire de projets européens: je puis vous assurer qu'ils m'ont donné la mauvaise habitude de croire dans les renvois d'ascenseur informels, entre professionnels qui savent se dire merci cordialement par de petites preuves de solidarités.
Des opérations similaires à Londres, Dublin, Francfort, Barcelone etc. se révélaient toujours gratifiantes et encourageantes.

Trop de français sont encore vraiment d’authentiques petites enflures en business : toujours dans la suspicion et le mépris pour ceux qui gagnent leur croûte. Toujours à rechercher la petite bête, toujours prêts à se déclarer choqués dès qu'il faut participer même symboliquement aux frais d'une opération. Rassurez-vous j'ai prévu de retourner vivre à Londres, ce pays me donne envie de vomir et mes actions seront cohérentes avec ce que j'écris ici de façon lapidaire je le concède - mais encore une fois, je me donnerai le temps d'argumenter et développer ma vision car je veux que ça serve à quelque chose. Il n'est d'ailleurs guère surprenant que de plus en plus de français se cassent vivre aux US ou ailleurs où les entrepreneurs sont mieux soutenus, ne serait-ce que par la psychologie collective environnante.

Une majeure partie des conférenciers français sont tellement arrogants et persuadés d’être de fantastiques orateurs que, quand tu les invites sur un plateau ou dans une conf, ils estiment, c’est culturel et systématique, que c’est eux qui te rendent un service ou te font une immense faveur. J'ai même eu un mega conard une fois qui a suggéré qu'il aurait dû nous envoyer une facture pour le temps qu'il nous a offert (qui plus est sa société, totalement à la ramasse, donnait un caractère d'autant plus surréaliste à son attitude) : sa vidéo a été immédiatement supprimée. Des professeurs en  provenance d'une grand Ecole dont les cours et certaines recherches portaient - ironie suprême - sur l'éthique et le business ont été parmi les pires impostures que j'ai pu observer.

Complexité des invitations : il suffit de voir comme une personne sur trois se fait désirer quand on l’invite sur le plateau : c’est une tannée en termes de relances etc.

Nous en avons même qui annulent à la dernière minute au mépris du setup coûteux qui est mis en place avec d'autres invités.

Jamais je n'ai vu une chose pareille avec les anglo-saxons. Dès que vous leur mettez à disposition un media structurant, et qui plus est gratuit, leur attitude est très proactive et stimulante. ils travaillent à vous laisser une bonne impression parce qu'ils savent que le monde est petit et qu'en affaires, il n'y pas d'amour, mais que des preuves d'amour (aussi). L'échange de bons procédés fera donc hurler les habituels curés du pseudo purisme 2.0, mais oui, ne nous voilons pas la face, même à l'échelle de Dame Nature, la notion d'écosystème ne tient la route que parce que les échanges de bons procédés existent et cimentent l'ensemble.

Je pourrais passer des heures à argumenter, et certains vont me dire que c'est moi l'abruti d'écrire ceci sans ambages ; il y en aura même pour tenter de me dépeindre comme un frustré etc. parce que je me mets à déblatérer sur ce marché. Ma société est à l'équilibre, tout va bien. Je n'écris ceci que parce que je suis désabusé par l'attitude d'un grand nombre de professionnels que je trouve inconséquents, prétentieux, et hypocrites. et que personne n'a les couilles de le dire tout haut, puisqu'en effet l'argument est en permanence retourné contre ceux qui le profèrent : "tu parles ainsi parce que c'est toi qui échoue etc." Eh bien non, je n'échoue pas, et j'ai déjà roulé ma bosse à l'étranger, alors je peux dire les choses en face. J'ai deux armes terribles : 1) je me m'en fous, je n'ai rien à me prouver, et 2) j'ai comparé avec d'autres pays dans des circonstances très similaires.

Je me moque donc des qualités personnelles de ceux que je montre aujourd'hui du doigt : je ne me permets pas de juger sans connaître. Je parle du manque de feedback professionnel.
Je parle de cette ambiance insupportable d'arrogance.
Je parle de ceux qui nous font une vie impossible après un tournage pour obtenir toutes sortes de petites faveurs (livrer plus vite, changer le texte associé, donner une copie de la source vidéo, faire une coupe dans la vidéo pour les mettre en valeur à tel ou tel moment, etc.) : alors que nous dynamisons un réseau en leur offrant du 100% gratuit.
Je parle de ceux qui nous traitent comme si nous étions leurs fournisseurs ou, pire, un service public que l'on peut insulter parce qu'on estime que c'est payé avec leurs impôts : sauf que là, nous ne percevons aucune subvention.

L'écosphère 2.0 française est un microcosme de professionnels qui confondent "2.0" avec "pique-assiette", qui vivent dans le mythe ou le fantasme permanent qui consiste à croire que l'on est tellement intelligent qu'on fait une faveur à quiconque nous invite - et que, chouette alors, le 2.0 c'est trop cool on peut devenir une starlette et se faire une visibilité en ne déboursant jamais rien. A vrai dire sincèrement, ce billet que j'écris sans fioriture et probablement très mal parce que je suis pressé et en colère est l'occasion d'exprimer mon sincère écoeurement : d'être toujours soumis à des questionnements et à des attitudes profondément immatures.

Les français - et je ne sais pas dans quelle proportion exacte et je m'en fous, c'est juste un feeling très dominant - sont très immatures en business et ne savent pas se renvoyer l'ascenseur.

Un type d'une cinquantaine d'année, cofondateur d'une société de premier plan qui oeuvre sur "l'Entreprise 2.0" (sic!) m'a dit récemment en lisant notre accord de diffusion - pour le droit à l'image : " les conditions sont inacceptables ! " (pour info, on ne peut rien diffuser sans accord signé, et je déteste l'idée de devoir bosser pour rien si je m'aperçois quelques semaines plus tard qu'un affreux Jojo veut qu'on retire sa vidéo du site sur un caprice, ce qui nous est déjà arrivé). Le type, furieux, en lisant cet accord standard que tout le monde signe quand il passe sur une émission de télé, nous dit : "les vidéos de TED sont d'une toute autre qualité, nettement meilleures que les vôtres, je ne sais pas pour qui vous vous prenez !  Vous devriez payer ma participation pour que je signe une telle autorisation !" (je signale que le type avait le cul sur sa chaise d'intervenant à quelque secondes du lancement du tournage, et qu'en gros, il voulait bien prendre la parole, être visible et faire le malin avec sa marque aussi, mais ne pas signer officiellement le droit de le diffuser...).

Pour qui se prend-on ?

Eh bien, les conférences TED remplissent des salles dont les sièges sont facturés à un prix moyen de 10.000 US Dollars.

Quant aux tables rondes en studio chez nous : elles gratuites pour tous.

Ce genre de feedback stupide et désespérant n'est évidemment pas la règle, mais son côté caricatural est symptomatique car je reçois d'autres commentaires, plus subtils et sur la masse, infiniment plus pervers et plus déprimants.

 

Les organisateurs de conférences IRL  (In Real Life) vous demandent de vous créer des badges sur leurs sites web avant de pouvoir venir assister à des conférences parfois même très chères ; ici, pour des contenus similaires et souvent supérieurs en qualité (j'assume mon manque de modestie),  nous ne demandons qu'à établir un dialogue d'égal à égal avec des gens clairement connectés et identifiés sur le site : là aussi je récupère des insultes chaque semaine.

Pourtant, les mêmes trolls sont bien obligés de se connecter, sur LinkedIn, Facebook et consoeurs avant de voir ou d'accéder à quelque contenu que ce soit, texte ou vidéo.  Mais non, chez nous, ils préfèrent s'acharner et critiquer. Voire insulter. "putain d'enculé de formulaire de merde" ai-je trouvé écrit par un utilisateur qui s'est créé un compte que nous avons bien sûr effacé. Le "putain d'enculé de conard de merde" en question évidemment consommé une douzaine de vidéo sur le site. Je vous rassure, ce genre de comportement est rare : mais voici mon point : quand j'organise une fête je suis en droit de savoir qui vient chez moi. Surtout quand j'offre la conso.

Et de façon générale et dans des contextes certes moins passionnels que l'exemple extrême ci-dessus, le critiquacouillard français a la dent dure.Il adore s'acharner sur ce qu'il ne paye pas, surtout si c'est une initiative fragile, naissante, et somme toute pleine de bonne volonté disons-le. Parce qu'il se demande "mais où est l'entube ?". Ce qui l'effraye, le fascine et l'insupporte, c'est que, contrairement à Mère Térésa, nous puissions quant à nous  avoir des objectifs secondaires et avoir quelque chose à gagner là-dedans.

 

Je reste persuadé après cette année entière d'observation attentive que la sphère 2.0 franco-française est vérolée par une masse assez exceptionnelle de râleurs qui nous pourrissent la vie et pourrissent le concept même de 2.0.

Je reste non moins persuadé qu'il y a là un vrai problème d'e-maturité si je puis dire, mais qu'il faudra trop de temps aux sociétés participantes pour réaliser que leurs propres comportements de crevards - pique-assiettes sont professionnellement irresponsables. Entre-temps, les gens comme moi vont de plus en plus se raidir et changer leurs conditions de travail.

A commencer par ne plus offrir de prises de parole à des éditeurs et ce n'est qu'un exemple.

Sans rien perdre de ma transparence intempestive habituelle (je sais, je suis un très mauvais communiquant mais la e-reputation c'est souvent un tissu sur-dramatisé d'arguments bon marché et vous m'aurez vite oublié), je vous confie donc sans stratégie ni misérabilisme, mais avec toute la sincérité dont je suis capable, mon exaspération. Pour ceux que ça intéresse et sans autre prétention.

Si tant est que le concept de web-tv collaborative vaille le coup et qu'il puisse continuer, il faudra désormais montrer patte blanche et un système de péage sera instauré. Je me fous totalement que l'impopularité de la chose puisse mettre un terme à l'aventure, je ne me cache pas : grand bien m'en fasse, je pourrais passer à des opérations plus rémunératrices et "l'écosystème 2.0" devra se contenter de la pensée dominante financée à 100% par des grandes sociétés qui vont pouvoir enfin revenir sur le devant de la scène et squatter le concept.

Mais si donc nous avions une chance de continuer, il faut juste savoir que le système bisounours, c'est terminé.

Les plateaux ne se poursuivront que s'ils sont financés de façon équilibrée par les éditeurs qui en profitent pour faire connaître leur offre. Je me porte garant du maintien de notre indépendance éditoriale - oui je sais beaucoup vont enfoncer la porte ouverte habituelle : "mais oh, comme c'est laid, il va y avoir des financeurs et il faudra leur faire plaisir", "ce clientélisme va vous obliger à changer de ligne éditoriale" etc.
Eh bien non. Nous ne sommes pas stupides ni manipulables.
Je pense coupler, comme le font les organisateurs de salons, les prises de parole gratuites dans les plateaux, avec le même ton décontracté et la même honnêteté intellectuelle critique que d'habitude, avec des pages payantes achetées par les entreprises participantes dans un annuaire qui leur sera dédié, et accessible depuis d'autres pages pour ne pas créer de confusion, comme dans n'importe quel support-média, ou n'importe quel salon B2B aussi, entre le contenu pub et le contenu éditorial légitime. Je n'inviterai plus d'éditeurs qui se prennent pour des divas sans qu'ils ne se soient affranchis d'un geste an faveur de cette web-tv. Ceux qui seront choqués par la chose n'ont qu'à continuer ce qu'ils faisaient jusqu'ici.

Et moi je file merci de votre attention.

 

Posted: 8.3.2010 - 7 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: Disruptions et évolutions

 [NB : merci à Vincent Berthelot qui m'a aidé à finaliser cet article par ses suggestions et les modifications éclairées qu'il y a lui-même intégrées]

 

Vous aviez jusqu'ici le Social Media d'une part, avec son tissu complexe de technologies et d'influences croisées, et d'autre part le Rich media qui depuis un peu plus de 10 ans fait référence aux sites web enrichis avec de la vidéo, scénarisés de façon plus ou moins complexe en fonction de leur degré de synchronisation.

En mariant les deux approches vous obtenez le "Social Rich Media".

De même que les interfaces sont devenues des "interfaces riches", que les plateformes e-commerce ont évolué vers une composante "rich commerce", de même le Social Media s'est enrichi pour donner le "Social Rich Media" (c'est du moins notre proposition).

Quelle pertinence y a-t-il à pointer cette nuance conceptuelle ?
Tout d'abord, elle nous projette dans une nouvelle dimension : la scénarisation collective.

Cette démarche n'affecte en rien ce qui fait la force du média social, à savoir l'alchimie communautaire qui permet à chacun de poser sa brique participative. Elle encourage en le structurant un peu plus ce que nous appellerons l'engouement collectif spontané. Elle repose enfin sur la production d'intelligence (collective) qui surgit de la friction et des frottement des points de vue - qui permet d'ailleurs de parler d'apprentissages informels croisés.

L'enrichissement du "média social" permet d'accentuer ce qui constitue la force des communautés, Facebook l’a parfaitement compris avec un usage intensif de l’image et de la vidéo, Twitter si ascétique n’y échappe pas non plus et permet de durer au-delà de l'engouement initial des premiers enthousiastes.

Plusieurs expériences récentes sur lesquelles nous reviendrons dans d'autres billets suivant celui-ci (et en fonction de votre intérêt pour le sujet), démontrent que le partage d'un objectif commun matérialisé spécifiquement dans la cocréation d'une vidéo (qui exige un minimum de scénarisation - ou du moins une trame), est un levier, ou prétexte, à susciter de la légitimité tout autant communautaire, par l’implication des membres sur un livrable objectif (un plateau webtv, une vidéo) qu'éditoriale - en s’appuyant sur l’intelligence collective pour améliorer la qualité de la production.

Le Social Rich Media se révèle donc un dispositif intellectuellement stimulant : c'est une opportunité pour concrétiser collectivement le traitement d’un sujet, ou un message mieux formalisé que ce que l'habituelle spontanéité inhérente aux réseaux sociaux laisse présager, dans une vidéo préparée par plusieurs intervenants. Parmi eux, les plus légitimes sont garants des bonnes fins, une intermédiation qualitative, voire un leadership s'imposent d'eux-mêmes parce qu'ils sont justifiés par l'atteinte d'un résultat audiovisuel dont la communauté souhaite sanctionner la réussite. Wikipedia est un media collaboratif par excellence, mais il a pour finalité la production d'un contenu encyclopédique patrimonial qui justifie par essence l'intervention d'un filtre qualitatif assuré par une police de conformité (les power users). Dans le Social Rich Media, le mécanisme vue de très haut est le même mais l'objectif est de créer et diffuser à l'arrivée un contenu rich media - et dont l'impact réputationnel, et par conséquent engageant, est beaucoup tangible.

On ne peut néanmoins pas dire par exemple que YouTube soit un support "collaboratif" : c'est un support communautaire dédié à une diffusion de contenus créés par des utilisateurs individuels. Par contre une web-tv dite "collaborative" mobilise sa communauté pour la cocréation du contenu vidéo en question : celui-ci est discuté en amont, et sa diffusion en aval nourrit la réflexion sur les sujets des épisodes suivants - et, plus important encore, l'ensemble est rendu possible par l'usage d'un véritable ERP (organisation des ressources participatives), autrement dit un backoffice pour incarner le workflow communautaire.

Cette interaction devient concomitante du concept de Real Time Web, où l'on influence en temps réel le scénario d'échange par les échanges avec les internautes qui peuvent demander aux intervenants de préciser un point particulier, de répondre à une objection ou toute autre réaction de feedback d’ajustement - ce qui va le plus souvent jusqu'à infléchir la ligne éditoriale de l'ensemble.

Enrichir le média social de cette logique peut être un excellent levier pour motiver la formalisation et la structuration d'un objectif éditorial commun.

Ce concept étant au stade de la réflexion expérimentale, dites-nous si vous souhaitez que nous allions plus avant dans sa formalisation, avec votre aide et vos propres retours d'expérience si le cœur vous en dit ?

 

 

Posted: 6.3.2010 - 7 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: Disruptions et évolutions

Dans le droit fil d' une réflexion que je propose sur le concept - méticuleusement éprouvé dans le contexte du fantastique laboratoire expérimental que représente à cet égard techtoc.tv, ici même et avec vous -  de "Social Rich Learning".

(le Social Rich Learning, c'est un dispositif d'apprentissage collaboratif, reposant sur le mariage méthodique d'un service de réseau social modéré par des gestionnaires de conversations, avec une plateforme rich media pour stimuler la cocréation collective. Cette approche originale de la formation est fondée sur le partage d'un objectif éditorial commun concentré dans la production de supports vidéo, dans les échanges critiques qu'elles impliquent, pendant leur préparation en amont, et dans les réactions de la communauté en aval).

 
Voici un retour d'expérience dont l'ironie extrême ne devrait pas vous échapper.
Et qui pointe encore les profondes faiblesses d'une écosphère en quête de repères intellectuels et dans laquelle, si l'on y prend garde, Monsieur Bisounours 2.0 va tout tenter - épreuve de force réputationnelle, dialectique éristique, mauvaise foi, flatterie - pour tenter de s'accaparer, que dis-je, confisquer (et c'est là ce qui m'alarme) la pensée et les concepts du web social pour créer une "orthodoxie 2.0" : là où, concrètement, on est encore dans les sables mouvants d'une pensée émergente, là où, plus qu'ailleurs peut-être, il faut laisser tout le monde faire acte de dissidence décontractée face aux Ayatollahs auto-proclamés du 2.0 - dont vous allez comprendre dans ce qui suit pourquoi ils me tapent sur les nerfs à juste titre. D'où la petite histoire.
 
Je propose donc tout récemment et en tout innocence d'utiliser des vocables dont j'ai, personne ne pourra m'en nier la légitimité, un usage systématique depuis des années (je fais du rich media depuis 1999, j'ai produit des dizaines de contenus à vocation e-learning et j'ai bossé pendant trois ans à l'élaboration de cette plateforme sociale combinant collaboratif et vidéo) : bref, j'arrive de façon logique au terme de Social Rich Learning.
 
La vraie source d'inspiration se situe d'ailleurs ici, dans les commentaires de bas de page figurant dans ce qui n'était à l'origine qu'une annonce pour faire retranscrire les plateaux TV : 
on y voir naître une chouette conversation sur la pertinence de cette combinaison vidéo + texte + liens sociaux.
 
J'étais persuadé qu'un débat passionnant, et mutuellement enrichissant allait jaillir et nous faire échanger avec les personnes qui "portent" en France le concept de "Social Learning".
 
Et voici le constat amusant : ils nous boudent.
 
Vincent en a même perdus comme followers dans son compte twitter, moi ils refusent de réagir à ce que j'ai écrit. Une pathétique, affligeante tentative d'ostracisme 2.0 : on aura décidément tout vu dans l'esprit du web, parfois aussi chevaleresque qu'une asperge en quête de béchamel (vous le savez, je le dis souvent, je suis sans pitié avec les gens qui n'ont pas les cojones supposées accompagner l'éthique qu'ils défendent). Tentative d'autant plus affligeante que des marques de premier plan (je vais revenir très vite là-dessus) et des observateurs crédibles soutiennent activement, et pas que par des hochements de tête mondains, je dis bien "activement", le concept auquel ils confèrent une légitimité pragmatique. En somme, les autres s'isolent en croyant nous isoler : un vieux classique de l'insuffisance cérébrale.
 
Pourquoi est-ce particulièrement et prodigieusement amusant dans le cas présent ?
 
Mais de par la définition même du Social Learning, pardi !
 
Quel paradoxe plus vil que celui de pseudos intellectuels qui se qualifient comme tels après avoir été recalés sur d'autres thèmes, qui n'appliquent pas les préceptes édictés par la théorie qu'ils défendent si doctement.
Eh oui, ne leur en déplaise, exactement comme dans le "Social Learning" l'apprentissage surgit de la friction, des pensées dissidentes, des détails qui font la différence.
Qu'ils défendent un concept est tout à leur honneur. Nous, nous défendons un dispositif. Nous aurions pu marier les deux. Eux, ils inventent une surcouche de concept 2.0 : la social-bouderie-ware.
 
Le Social Learning permet de donner une autre dimension à tout ce que l'on savait déjà des apports de l'Entreprise 2.0.
Le Social Rich Learning met l'accent sur la combinaison vidéo + éditorialisation textuelle + media social collaboratif. (pour les non-avertis, il faut entendre "Rich"  comme l'on dit "interfaces riches", "rich commerce" ou encore bien sûr : "rich media", par référence aux pages d'un site web qui sont enrichies de vidéo).
 
Je suis d'ailleurs tombé par hasard sur cette expression en la recherchant sur Internet, persuadé que le concept devait déjà exister. Elle brillait par son absence.
J'ai utilisé les termes pour en faire une marque de fabrique. Bientôt, les 3 grandes sociétés qui utilisent depuis plusieurs mois déjà ce dispositif vont en faire un témoignage en plateau TV pour en acter les retours gratifiants et l'efficacité : j'ai donc prouvé que ça "marchait". Je me la pète grave, je sais : mais du moins ne peut-on pas me reprocher un pet foireux d'intello imbus dans la tempête. J'ai bossé dans le concret pour ça et je n'ai pas joué aux rats des salons virtuels mondains pour essayer de faire croire à tout le monde que j'avais inventé l'eau chaude.
 
Alors là je me durcis et voici comment je livrerais ma pensée : maintenant cette posture d'experts-2.0-à-la-mord-moi-le-mulot commencent sérieusement à me gonfler.
Ils confondent tout : buzz word et dispositif concret, débat et confiscation de concepts. Parce qu'ils ont pensé comme des gamins dans un bac à sable qu'il suffisait de dire "Preum's"  pour squatter un concept maintenant ils exposent leur lancinante jalousie. De façon générale ce réflexe issu d'un autre monde et d'une autre époque doit être cassé dans l'oeuf. Que je m'y emploie un peu.
 
Vincent et moi-même n'étions pas d'accord sur le terme à choisir : heureusement que n'avons pas fait sécession de tout échange sous prétexte que les vues étaient divergentes. Bon sang. Vous n'avez donc pas compris que nos petits positionnements conceptuels tenaient dans un mouchoir de poche ? Vous n'avez pas compris que l'idée grandit dans le partage, qu'elle se développe comme une gerbe d'étincelles dans plusieurs directions si on accepte le débat ?
 
Aujourd'hui j'en suis au constat de ce paradoxe navrant : que les personnes qui m'ont fait, il fut un temps, penser et croire qu'elles avaient une carrure inspirationnelle sont finalement les plus médiocres plumitifs de l'écosphère bien-pensante où règne le bisounours vaseux, crevard, en quête de reconnaissance et du premier client tant attendu : obsédé par la propriété d'un concept dont il est le dernier des derniers à appliquer les implications logiques : eh oui, le "Social Learning" c'est aussi cela, un Fred Bascu et un Vince Berthelot qui dans la discussion décident d'un affirmer une nuance : juste une nuance bordel ! 
 
Et que font-ils ? Ils snobent la conversation, drapés d'une aura de suffisance mondaine, à court d'arguments.
 
Pourtant, ils nous ont bien mangé sur le dos, ils se sont fait voir chez nous, grâce à nous. Bien contents qu'on les invite en plateau pour se pavaner avec des concepts qui les positionnent comme intellos du Social-ware-de-mes-deux-points-zéro.
 
(l'ironie dans ce dossier est un puits sans fond puisque c'est en définitive grâce au concept que nous éprouvions en direct live avec eux qu'une visibilité qualitative a pu leur être offerte - laissez-moi me répandre en "lol" juvéniles)
 
Donc, pendant ce temps-là, nous trouvions des applications concrètes, et nous construisions une "communauté apprenante" - ce qui semble les faire enrager, murés dans un silence désapprobateur dont je suis d'ailleurs là, tout à m'en faire l'écho, non pas pour leur rendre service, mais parce que de tous temps et dans toutes les disciplines intellectuelles ou pseudo-intellectuelles de la planète il s'est trouvé des "experts" et autres Ayatollahs pour lever les bras au ciel et nous confisquer nos sources d'émotion et de curiosité : putain, ne touchez pas à mon écosystème 2.0 !!
 
Jusqu'ici, il semblait résister à cette forme d'incoercible idiosyncrasie élitiste. En refusant le débat et en essayant de contrer l'éclosion d'une idée, ils sont avant tout les flics d'une conformité naissante et certainement pas dépositaires des bonnes valeurs du web social : celles qu'ils prétendent promouvoir mais dont ils ont besoin de glaner, présupposer, mimer la primeur dans un réflexe lucratif : pour tenter de nous signifier qu'ils l'ont confisqué.
 
Alors oui, tant pis si je pisse dans un violon et que le débat ne prend pas encore avec eux : mais qu'un porteur de ce concept ose encore plastronner devant moi tout en n'assumant pas les conséquences de ce qu'il prétend défendre (de façon Ô combien ironique dans le contexte du Social Learning dont c'est précisément la vocation, quelle poilade et quel sens de la contradiction propédeutique chers amis !), qu'il ose se qualifier de "praticien" quand il n'est tout au plus qu'à lui-même un cul-serré de ses propres théories, qu'il ose la ramener en me faisant croire qu'il a une quelconque légitimité alors qu'il refuse tout débat, eh bien je lui dirais tout simplement : 
 
"il faut être digne de porter les idées que vous défendez".

 

Posted: 27.2.2010 - 47 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

A l'origine, la proposition était simple : bénéficier d'une partie de l'espace loué par Jérémy Dumont à l'occasion de la manifestation Paris 2.0 pour organiser un plateau TV autour de thèmes qui nous sont chers comme l'innovation sociale par les technologies. Avouons-le d'emblée : les sujets étaient séduisants et notre seul objectif est d'accompagner les professionnels de cette écosphère quand ils ont de bons débats à développer en perspective.

 
Nous devions pour cela nous charger - comme pour n'importe quelle émission de techtoc.tv - de l'installlation d'un plateau TV, de son animation, du community management qui va avec sur le site où les sujets sont annoncés. Qu'est-ce qu'implique le fait de déplacer le plateau techtoc.tv (caméras, plateau, lumières, régie...) afin de réaliser l'émission à l'extérieur : ceci est dans nos gènes, nous le faisons sur de nombreux événements B2B, après nous être préalablement assurés que dans le contenu à enregistrer il y a aura une dominante "éditoriale" et non exclusivement commerciale - question de pertinence du contenu. Qui plus est l'espace Kiron nous a semblé un lieu sympathique pour aller à la rencontre de la communauté techtoc.tv.
 
techtoc.tv s'engageait à filmer et à co-animer les conférences organisées par Paris 2.0, à les monter et les chapitrer, puis à les mettre en ligne sur sa plateforme de diffusion, prenant à sa charge tous les frais liés à cette opération qui, rappelons-le, dure 5 jours pleins.
 
Malgré la pertinence des sujets, l'élément perturbateur se situe dans un autre contexte particulièrement alarmant : celui de la campagne de communication orchestrée autour de Paris 2.0 par ses promoteurs. Et dont les retombées sont pour le moins paradoxales, le bruit négatif n'allant qu'en s'amplifiant sur la blogosphère et la twittosphère. L'actuelle exaspération de nombre d'intervenants qui dans l'écosystème continuent de pointer certaines pratiques répréhensibles va croissant. Nous avions quelque espoir, avec le temps du moins, qu'elles seraient corrigées par leur auteur. Ces pratiques néfastes pour l'image de Paris 2.0 n'ont pas cessé malgré de nombreuses mises en garde, au départ fort bienveillantes, puis évidemment, en fin de parcours, infiniment plus comminatoires étant donnée la persistance des méthodes employées.
 
techtoc.tv est une webTV participative, elle n'a pas de raison d'être sans la communauté qui l'entoure et qui fait non seulement sa ligne éditoriale, mais également ses programmes. Quand les membres de la communauté se retrouvent sur un plateau, invités à partager leurs expertises, ils l'ont fait consciemment, et en toute transparence : le processus est constamment affiché en temps réel sur la page des plateaux en préparation. 
 
La confiance n'est pas une simple valeur de marque, c'est un moteur sans lequel il nous serait impossible d'avancer, et le fait de jouer avec autant de légèreté avec les marques d'un certain nombre de partenaires, voire d'intervenants, est pour nous inacceptable.
 
Devant cela, nous avons décidé de nous retirer de l'évènement Paris 2.0 afin de ne pas être assimilés aux pratiques mises en place par son organisateur. Nous avons réussi en moins d'un an à installer une relation de confiance entre des professionnels clés du secteur et notre média, et nous tenons à préserver cette confiance, quel qu'en soit le prix.
 
Nous déplorons l'annulation de ces plateaux, et nous conserverons un contact aussi privilégié que possible avec celles et ceux qui se sont investis dans leur préparation. Nous espérons de la sorte ne pas fermer la porte aux personnes qui, au départ, n'avaient évidemment pas à pâtir des conséquences de ce bruit négatif, et avec qui il sera toujours possible de compenser la frustration aux travers d'autres tables rondes en plateau TV ou sur d'autres événements.
 
Posted: 21.2.2010 - 18 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: Disruptions et évolutions

    [UPDATE : lire aussi Le Social Rich Media : une nouvelle tendance ? ]

     

    J'ai récemment tapé dans Google ces trois mots : "social rich learning". Rien trouvé. Puis "Social rich media". Bon sang, toujours rien si ce n'est une seule et unique réponse utilisant exclusivement cette expression - mais dans un contexte ne convenant pas tout à fait à ce que à quoi je me serais attendu en toute logique (et dans un article daté du 31 janvier 2008 - puis plus rien ne comportant cette expression dont j'étais persuadé qu'elle véhiculerait de nombreuses opportunités). Si vous lisez ce billet avant fin février 2010, essayez, vous verrez.

    Non pas que j'aie été déçu de ne trouver qu'un article faisant référence à une solution d'éditeur (apparemment sympa au demeurant), mais j'ai été très surpris que personne n'ait intellectualisé la notion induite par l'expression.
    On parle pourtant bien d'interfaces riches, de rich commerce, de rich media; on parle bien d'un autre côté de Social learning et de Social media : comme je ne suis pas du côté de ceux qui font la course aux inventions jargonneuses et autres néologismes 2.0, je ne cherchais pas à réclamer la paternité d'un concept et ma recherche était dans un esprit de pure veille. Mais là, le vide observé m'anime d'intentions compulsivement propédeutiques.
    Pourquoi ? - parce que j'ai réalisé que l'expression a un véritable intérêt dans la mesure où, paradoxalement, elle s'est imposée à moi non pas comme le fruit d'un cheminement intellectuel, mais dans une situation de recherche du fait d'une évidente lacune. Par sérendipité purement cérébrale si j'ose dire.

    Cette fois je n'attendrais pas qu'on m'impose une vision au carré ou cubique du web (je l'avoue tout net : je n'y adhère pas encore), pour autant la course aux mondanités élitistes dans le microcosme des gourous 2.0 ne m'anime guère : juste une immense frustration : je suis en quête d'aspérités, de poignées, et si je ne me raccroche pas à un concept solide je vais tomber dans le vide ou me raccrocher à des branches qui ne supporteront pas le poids de mes besoins en formalisation de pensées et en précision sémantique. J'ai donc décidé de me saisir de cette notion tout simplement parce qu'une expression me manque à moi, personnellement, au quotidien, pour définir ce que j'ai involontairement inventé en développant une web-tv à l'origine purement expérimentale : techtoc.tv.

     

    Dans le billet qui va suivre je vais tout d'abord décrire en quelques mots le fruit de mes trouvailles involontaires du fait du tâtonnement rendu possible par techtoc.tv, la première web-tv à dimension véritablement collaborative (à ne pas confondre avec "communautaire", le terme ne décrivant qu'une étique partie de la réalité concernée). Je vous dirais ce que je pense du concept de Social Learning, crucial mais insuffisant pour mon besoin de formalisation.

    Enfin je ne sais pas encore comment je vais conclure, mais grosso modo je vais me débrouiller pour vous transmettre la passion et la sincérité avec lesquelles je suis tombé sur les notions de Social Rich Media, et de Social Rich Learning qui me semblent totalement indissociables et néanmoins distinctes (mon malicieux ami Vincent Berthelot avec qui je pérore de tout cela au quotidien a posé les termes de "Social Rich Media Learning" - il faudra que je l'invite à boire un coup pour le convaincre doucement de se ranger à ce que j'estime être ma nécessaire scission sémantique, ne serait-ce que pour des raisons de longueur d'expression).

    Dans la suite de mes billets, je vous livrerai le fruit de lectures scientifiques passionnantes qui viennent avaliser un certain nombre de théories, je vous parlerais de ce que j'estime être au fondement d'un Cerveau Global, ce qui m'inspire et me fait penser que le sujet est fondamental à échelle universelle. Mais cela sera le fruit d'autres approfondissements, le présent billet nécessite déjà forcément d'être long.

     

    Observations issues de l'expérience techtoc.tv :

    Le succès de techtoc.tv a été une énorme surprise, c'était au départ une expérimentation n'ayant d'autre prétention que de nous permettre de tester notre plateforme collaborative. A l'origine, une site vidéo communautaire nous semblait souffrir d'un déficit gênant : l'absence de couche sociale. Moralité : Dailymotion et YouTube affine leurs business model autour d'une éditorialisation croissante, de la pertinence du référencement ou encore de services aux annonceurs, mais il ne faut pas confondre "User Generated Content" et collaboratif. Les sujets livrés sur ces plateformes sont le fruit d'initiatives individuelles, et ces sites sont avant tout des diffuseurs, les conversations n'y sont pas constructives mais relèvent de l'épiphénomène.

    Dans l'initiative techtoc.tv l'idée c'était :
  • De recruter les intervenants avec qui nous souhaiterions discuter en table rondes en mode talkshow ;
  • De proposer les sujets en ligne avant même des enregistrer ;
  • D'infléchir la ligne éditoriale des sujets en fonction des premiers retours ;
  • De catalyser la conversation : ne pas la laisser livrée à elle-même mais s'y mêler, exposer les règles du jeu en filigrane et de facto permettre aux visiteurs et aux membres inscrits de percevoir la présence d'une intermédiation qualitative. En somme tout le monde est invité au comité éditorial, mais il y a des rédac chef.
  • De recruter des talents : sont accédés ensuite au statut de contributeurs, sans règle écrite, en privilégiant l'échange purement informel, les membres les plus actifs ayant accepté de jouer en toute transparence le jeu de l'échange.
 

     

    Premiers constats après 8 mois d'existence :

  • Ce qui aurait dû être une vingtaine de contributeurs (notre ambition initiale, sic) s'est révélé être 600 contributeurs actifs scindés en contributeurs très actifs (284 à ce jour) et plus de 300 autres membres ayant les statuts "d'intervenants occasionnels" ou "conférenciers". Je dois même ajouter que du fait de ces rencontres qualitatives c'est ainsi que notre société a recruté de façon inopinée quatre nouveaux collaborateurs, parmi les contributeurs actifs.
  • Le site est désormais sur un rythme de croisière de 600.000 pages vues pour un peu moins de 180.000 visiteurs uniques et une moyenne de 140.000 vidéos chargées chaque mois. Toutes ces vidéos étant réalisées exclusivement avec des techniques moyens internes, mais avec une logique éditoriale collaborative.
  • Nous avons dépassé il ya deux semaines le cap des 4000 inscrits ayant pris le soin de se créer un profil complet sur le site : un peu moins de 50% d'entre eux sont positionnés en mode public, le reste ce sont donc des gens qui ne sont pas forcément là pour s'exposer, mais pour dialoguer à visage découvert avec les membres du réseau avec qui ils échangent, ou pour pouvoir postuler sur les plateaux que nous organisons.
  • La plus grosse source d'étonnement est liée au temps de visionnage moyen d'une vidéo (sachant qu'elle dépassent toutes une heure de plateau TV) : si l'on exclue les clics ne donnant pas lieu à plus de 4 secondes de visionnage (durée du générique d'ouverture), les visiteurs regardent en moyenne 83,5% du temps total de chaque vidéo… J'y vois principalement la récompense d'un style direct, sans ambages, sans concession aux consensus mous quand ils ne s'imposent pas, des moments de questionnement et d'ignorance décomplexés : le snobisme et l'élitisme ont immédiatement été bannis, la langue de bois aussi. Les visiteurs ne se sentent pas "markétés" et ils ont raison.
  • Les commentaires n'ont jusqu'à aujourd'hui (je touche du bois, tiens, pourvu que ça dure), jamais nécessité la moindre modération : nous eussions attendu un ou deux trolls en goguette; mais apparemment, les contenus et l'initiative inspirent une sorte de respect, la communauté est en quelque sorte le fruit d'une autorégulation collective, il plane sur ce site une déférence mutuelle immédiatemebnt perceptible des nouveaux venus.

     

    La table ronde au cœur d'un cercle d'absorptions mutuelles et croisées :

    Enfin dernier constat : il est ressorti de cette expérience un surnom, celui dont les proches contributeurs m'on affublé, à savoir "Bob l'éponge".

    C'est de là que tout est parti et c'est ce qui explique cet exercice de formalisation que j'estime utile et même nécessaire. Parce qu'après tout je ne suis pas le seul à mériter ce surnom qui ne vient que d'une chose : à savoir que nous absorbions toutes nos connaissances mutuelles d'une façon qui n'a absolument rien à voir avec la façon dont on absorbe l'information reçue passivement face à un émetteur magistral.

     

    Nous sommes tous interconnectés et nos fluides intellectuels sont mixés non seulement dans les conversations générées en amont et en aval des tournages, mais au travers de ce que j'ai voulu être le symbole fondateur de nos web-tv : la table ronde qui est au centre des débats - je l'ai faite construire sur mesure pour qu'elle soit suffisamment grande et confortable pour un débat avec de nombreuses invités, jusqu'à 9 parfois.

    Symboliquement, les invités sont tous à équidistance du centre et une forme surprenante d'intelligence collaborative surgit de cette manière d'échanger sur un parfait pied d'égalité dont la référence remonte aux Chevaliers de la Table éponyme (rien à voir donc avec les fameuses "tables rondes" organisées dans les salons professionnels dans lesquelles les invités sont à vrai dire en rang d'oignon face à la salle, manquent de micros et sont invités à ne jamais s'interrompre pour ne pas troubler les exposés académiques ou commerciaux de leurs voisins) :

     

  • Ici le débat est encouragé avec franchise,
  • Le modérateur n'est pas un passe-plat, il prend une part critique à la conversation en cours et surtout encourage la prise de parole,
  • Liberté de ton et de parole cohabite avec un encadrement structurant,
  • En filigrane tous les invités savent qu'il faut donner le meilleur de soi-même puisque tout est filmé et rediffusé sans possibilité de s'y opposer après coup, ni de procéder à des retouches au montage (cette perception d'un environnement médiatique engageant a un impact sur la concentration de chacun).
 

     

    La nuance entre communautaire et collaboratif :

    Je ne sais pas si j'ai besoin dès lors de faire un long détour pour exposer les différences ou nuances qui existent entre "communautaire" et "collaboratif".

    On peut être dans sa communauté totalement livré à soi-même et ne pas collaborer : simplement déposer une information.

      

    Ici le collaboratif nait de la friction des questions, des réponses, du contexte médiatique qui engage et responsabilise, du fait qu'en vidéo, un visage bien filmé de face et en prise avec une conversation animée, a beaucoup plus de mal à embellir un point de vue insincère que ne peut le faire une plume propice aux tournures écrites qui dissimuleront mieux sophismes et argumentations captieuses : la réaction-punition est immédiate, l'incompréhension perceptible chez les autres participants est tout de suite visible et entraîne des questions dérangeantes.

      

    Heureusement, nous pouvons bien sûr éluder pour l'instant le piège de la maestria politique dont savent faire preuve nos édiles communicantes ; ici les jeux d'acteurs n'ont pas encore leur place, et quand bien même on observerait une tentative d'effet de manche, les émissions échappent au style minuté, préfabriqué des émissions habituelles et donnent toute la place au droit de réponse immédiat même s'il faut repousser la fin de l'enregistrement d'un quart d'heure. 

     

    L'argumentation et le désir de clarté relèvent d'un jusqu'au-boutisme assumé comme méthode de travail. 

       

    La surprise finale réside dans l'extraordinaire injection de connaissance en accéléré que représentent ces échanges filmés. 

      

    Immergés (ce qu'aiment les éponges) dans ces séances de mises à l'épreuve de leurs connaissances, dans un contexte qui ne laisse plus vraiment de place aux discours corporate policés, les membres participants me font presque toujours une remarque liée de près ou de loin au plaisir qu'ils ont eu de mesurer dans cette situation un peu nouvelle ce qu'ils avaient pu apprendre - et pas simplement ce qu'ils avaient pu exposer.  

     

    Au commencement était l'engouement participatif :

    L'engouement participatif est l'étincelle de départ : parce qu'une communauté a besoin de partager un but commun pour prendre une dimension collaborative, l'enregistrement d'un plateau devient le prétexte fondateur.

    L'immersion participative se révèle un levier idéal de connaissance, le plateau Tv se révèle un examen de passage intellectuellement stimulant qui oblige chaque participant à fouiller en soi-même et réunir mentalement les ressources de son exposé la veille du tournage, qui permet de concrétiser ce cheminement en lui donnant une finalité. 

     

    Comme toute personne normalement constituée, nous sommes en quête d'une gratification : ici c'est celle qui consiste à faire bonne impression auprès de son audience.

    Mais si n'était qu'un sympathique exercice de communication, vous imaginez bien que je j'en serais pas là : ici un apprentissage collectif émerge dans la friction participative.

      

    En thermodynamique, si j'y connaissais quelque chose je pourrais vous épater dans le détail mais pour les besoins de ma démonstration vous saisirez le raisonnement général, on sait que du frottement résulte une déperdition d'énergie : or quand on sait récupérer cette énergie, cette chaleur qui est le fruit des forces contraires qui entrent en collision, peut faire l'objet d'une récupération qui peut à son tour alimenter une dynamo et actionner une ampoule.

    La métaphore est parfaite puisque l'énergie lumineuse qui surgit de tous ces frottements c'est de la connaissance, et cette connaissance a d'autant plus de valeur pour les participants et leur audience qui s'implique dans la conversation ou suit le challenge par procuration, que c'est une connaissance fabriquée dans l'interaction entre tous les intéressés : c'est connu, on apprend mieux en s'impliquant ou même en enseignant aux autres ce qu'on découvre en l'enseignant comme le neveu de Rameau.

    En disant tout cela je pourrais avoir décrit ce que d'aucun ont découvert et considéré comme du "Social learning".

     

     

    Différences avec le Social learning :

    Le terme me dérange en ce qu'il se limite au constat de ce que depuis la nuit des temps les hommes font déjà informellement: ils apprennent ensemble dans un univers d'interdépendances complexes, le plus souvent informelles et qui même perdent en efficacité à mesure qu'on tente de les formaliser après coup. On fait un peu semblant là de s'émerveiller d'une découverte qui n'en est pas une, et puis on va vous vendre du conseil pour favoriser le fameux apprentissage informel.

    Reprendre à son compte une propension naturelle et universelle présente un intérêt :

    Celui de la formaliser.

    OK.

     

    Mais de sérieux désavantages en résultent : on tente d'injecter de l'informel pour favoriser le petit miracle.

    Et pour que cette injection fonctionne il faut en quelque sorte sortir avec recul du contexte de son émergence "innocente" (au sens philosophique du terme).

     

    Le Social learning est donc un concept crucial, je ne le conteste pas.

    Mais c'est plutôt un constat, qui ne fait pas état d'une formalisation utilitariste (car c'est bien ce qu'on lui demande).

     

    Tout l'intérêt de la démarche consiste à enrichir cet état de fait qui est le fruit de l'engouement instinctif que tout un chacun ressent quand il est immergé dans un environnement participatif stimulant. L'enrichir comment ? Par des outils appropriés : pour moi c'est le contexte que nous avons donc créé, sans avoir de prime abord complètement saisi sa portée, en créant techtoc.tv, dont je suis persuadé aujourd'hui que chaque élément joue un rôle scénique et stimulant fondamental :

    la table ronde, la plateforme collaborative, l'intermédiation éditoriale (avec son lot de risques), la sanction de l'enregistrement, l'acte final et hautement symbolique de cession de son droit à l'image etc.

     

     Je ne pars donc pas du principe que je suis là pour favoriser l'émergence du Social learning : "tu ne me chercherais point si tu ne m'avais déjà trouvé" nous rappellent les Evangiles.

    Cette composante énergétique est-elle là ou pas ? - là n'est pas mon affaire, je ne suis pas chargé de cette mission ardue qui consiste à faire croire que je pourrais favoriser l'alchimie collaborative : là est toute ma nuance. Je ne suis là que pour l'enrichir.

    Je pars donc du principe qu'elle peut exister mais je m'en lave les mains - ceci étant dit en toute franchise dans le but d'éviter les malentendus.

     

    Car ce que je chercherais trop à provoquer pourrait en dernière analyse créer un effet laboratoire : à trop vouloir quelque chose, on finit par le saboter.

    Philosophiquement le problème a été traité par d'autres : il est impossible d'être ce que l'on sait, ou de savoir ce qu'on l'on est.

     

    La petite distance, ce je-ne-sais-quoi ou presque-rien de conscience qui s'immisce entre la conscience et l'action signifie la perte de l'innocence dans l'intention. Chacun a pu l'expérimenter d'une façon ou d'une autre. Un acteur qui s'observe en train de jouer cesse de ressentir l'émotion précieuse. De même quiconque partirait du principe qu'il lui faut "inventer" le nouveau Twitter serait bien en peine d'en renouveler l'alchimie expérimentale, la découverte involontaire: la préméditation n'est paradoxalement pas compatible avec la découverte de génie. Nietzsche lui-même estimait que le cerveau pouvait produire au hasard 5 minutes de trouvailles géniales par jour grand maximum, mais que c'était le fruit d'un travail acharné inconscient de lui-même, au point qu'on ne sait qu'on a fait une belle découverte qu'avec le recul, ou quand c'est un regard extérieur qui vous confronte à la trouvaille.

 

     

     

    Le Social rich learning :

    En somme je m'abstrait totalement de cette alchimie qui ne me regarde pas.Mais si elle existe, et seulement dans ce cas de figure, le bon dispositif est là, qui entre scène.Et "enrichit" alors l'expérience constatée: au moment où elle est lancée, on instille des outils permettant de l'optimiser.

     

    Dans techtoc.tv nous avons donc involontairement soutenu une alchimie, nous ne l'avons pas favorisée, la nuance est importante : nous ne sommes pas dépositaires d'une quelconque trouvaille située dans coucou-les-nuages. Nous accompagnons les frictions et les instants de vérité.

     

    Pour exprimer cela je n'ai donc trouvé de meilleur expression outil de travail que les termes de :

     

  • Social rich learning
  • Social rich media

      

    Le Social media désigne un outil, un état de fait, presque au même titre que le Social learning, c'est le mixage des deux dont il surgit une nouvelle réalité, et là une méthodologie peut être appliquée . Là, on peut tenter de renouveler l'expérience, mais à, partie des ingrédients adéquats, pas en prétendant faire naître ces ingrédients. Quoiqu'on pourra toujours s'arroger le mérite de leur résurgence cyclique et inévitable (un jour ou l'autre) mais là n'est plus le débat.

     

     

    Enrichir le media social :

    Notre travail consiste à enrichir le media social, à enrichir l'impulsion implicite de la communauté apprenante désignée par ce vocable de Social Learning : celui-ci est une réalité donnée, fiable, objective. L'ajout d'un dispositif est quant à lui le fruit d'une méthodologie : en tant que telle elle ne promet aucun miracle, mais elle peut décupler l'effet avantageux de l'alchimie si elle existe en amont.

    Je ne suis pas en concurrence avec mes collègues penseurs du "Social learning", mais en complémentarité.

     

    Je ne me réclame à vrai dire que d'un aspect particulier de leur formalisation plus ambitieuse et plus large.

     

    Se disputer sur la paternité du concept ou se lancer dans une polémique à l'échelle de notre microcosme intellectuel sur la nuance que j'apporte serait aussi vain que si l'on avait pinaillé à la sortie du terme "rich media" quand "multimédia" existait déjà. L'introduction d'un nouveau concept doit avoir une valeur pratique, c'est le cas du Social rich learning, qui est un cas particulier du Social rich media - ou du moins sa variante la plus évidente et la plus stimulante pour en percevoir la portée.

     

    En ce qui me concerne un hasard expérimental m'a permis de mettre le doigt sur une notion qui comble désormais ce que j'estimais être un vide, une lacune jusqu'alors indicible.J'espère susciter une opportunité de débat et d'échanges pour que de ceux-ci, puisse naître une connaissance ascendante.

     

    J'avais besoin d'un repère et d'un point d'entrée pour matérialiser en quelque sorte ce premier jalon d'une réflexion que je compte mener et approfondir dans un premier temps avec mon ami et co-formalisateur Vincent Berthelot sur un blog à l'adresse socialrichmedia.com et sur socialrichlearning.com pour ses applications particulières au monde de la formation - sous forme d'une méthodologie que nous avons créée avec nos web-tv et que nous allons continuer de pousser.

     

    Et bien sûr, il va de soi que nous allons rapidement proposer des plateaux où d'autres experts viendront nous livrer leur ressenti.

     

    Cela devrait enrichir le processus d'apprentissage croisé...

     

    UPDATE du 10/03/2010 - une définition plus formelle :

    "le Social Rich Learning, c'est un dispositif d'apprentissage collaboratif, reposant sur le mariage méthodique d'un service de réseau social modéré par des gestionnaires de conversations, avec une plateforme rich media pour stimuler la cocréation collective. Cette approche originale de la formation est fondée sur le partage d'un objectif éditorial commun concentré dans la production de supports vidéo, dans les échanges critiques qu'elles impliquent, pendant leur préparation en amont, et dans les réactions de la communauté en aval)."

Posted: 16.2.2010 - 7 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: Disruptions et évolutions

J'écris ce billet en réponse à quelques remarques fort légitimes concernant le plateau livré ce matin sur les pôles de compétitivité et financé par Orange Business Services : techtoc.tv étant dans la préoccupation de faire maturer son modèle économique, nous tenons néanmoins à ne jamais faire de concession sur la légitimité éditoriale de nos contenus, leur complète indépendance étant notre priorité. Pour amorcer la démarche, nous avons trouvé innovante l'idée consistant à expliquer dans l'introduction du plateau quel était son sponsor et, si nous estimions que le contenu du plateau devait plutôt être lu dans le contexte du site dudit partenaire, alors le choix était donné à l'internaute de poursuivre la lecture du film dans l'autre site web.

 

A vrai dire, je n'avais personnellement encore trouvé encore aucun site web-tv décidant de renvoyer ses internautes vers le site d'un annonceur si le contenu d'une vidéo prenait une dimension publi-éditoriale : dans un esprit de curiosité expérimentale, c'est dans un pur et simple souci de ne pas trahir la confiance de ceux qui nous suivent, que nous nous sommes imposé cette règle : "dès le contenu revêt une dimension promotionnelle, ne pas traquenardiser nos membres dans un plateau réalisé sur commande et sans les avertir"

 
Qui plus est, c'est plus cohérent : après tout, le contenu en question, s'il a certes été initié dans le contexte de la ligne éditoriale de techtoc.tv, on peut en diffuser ici même l'introduction à titre informatif : et dès qu'on pénètre dans l'univers de pensée qui est propre à la marque, alors autant choisir ou non de lire son sujet dans le contexte de sa page. Si l'on est intéressé par le sujet, il y a aura probablement dans le contexte de la page de l'enseigne concernée un set d'informations qui n'ont pas à être sur techtoc.tv. ce qui peut sembler anecdotique ici me semble relever d'une réflexion de fond non seulement sur le mode de financement d'une web-tv, mais sur la façon dont on va affiner prochainement le positionnement des contenus que l'on qualifie de "brand content".
 
Dans cette expérience, nous avons eu l'impression que ce faisant nous avions initié un mode de diffusion plus transparent : le contenu 100% techtoc.tv, c'est sur techtoc.tv, le contenu à teneur publi-éditoriale, si c'est un sujet cohérent avec l'écosystème, ne doit rester sur techtoc.tv que tant qu'il donne une information utile : quand il évolue vers un  contenu directement issu de l'ADN d'un annonceur, nous avons pensé qu'il était fondamental d'en avertir nos membres de manière à leur donner le choix de partir ou rester. Pour la marque c'est aussi une façon plus pertinente de générer un trafic forcément qualifié.
 
Enfin, le player vient d'être amélioré de sorte que le lien vers le site orange-business.tv soit en fait proposé à la fin de notre vidéo d'introduction, dans lequel le présentateur explique pourquoi la suite du plateau doit faire l'objet d'un choix actif de la part du membre techtoc.
 
Bon, c'est le début, nous sommes totalement en phase avec toutes vos suggestions critiques, étant nous-mêmes en train d'affiner le concept ; grosso modo c'est cette idée générale de scénarisation de l'écoute qui nous plait : nos contenus publi-édito doivent faire l'objet d'un choix conscient, c'est une philosophie dont nous n'avons pas encore forcément trouvé le mode d'application idéale mais qui si elle vous plait, gagnerait selon nous à être promue pour la suite du développement.
 
N'hésitez pas à me remuer les cocotiers avec vos idées, je suis preneur, je sens qu'on va trouver la bonne façon de procéder si on en parle librement et qu'on accepte une toute petite phase de tâtonnements.
 
Posted: 7.1.2010 - 14 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

Suite à ma lecture des commentaires et râleries habituelles que l'on trouve inévitablement associées aux prises de paroles d'un politique autour du web - en l'occurrence ici le feedback donné par les lecteurs de readwriteweb.fr suite à notre plateau en compagnie d'Hervé Morin autour du thème des Droits Fondamentaux Numériques ; comme je suis une feignasse d'auto-copiste, je vous livre ici ce que j'ai disposé dans les commentaires du blog tenu par Fabrice :

 

 

Chers amis,

Gardons bien à l’esprit qu’au lieu de relever les déficits chroniques de la part des politiques sur le web, en somme, se concentrer sur le verre vide comme souvent, il n’est pas totale­ment idiot de se réjouir que de premiers pas, certes petits et timides, mais probants et sin­cères, soient faits pour enclencher le débat.

Je sais bien qu’on attend toujours que les politiques prennent des initiatives.

Mais responsabilisons-nous : c’est à nous aussi de mettre à profit nos supports pour les interpeler et provoquer leur venue. 

Pour monter ce plateau il a suffi de passer quelques coups de fil et d’être un peu patients (sans trop souffrir ni trop attendre je vous le promets). Et aujourd’hui j’ai parlé à l’une des conseillères politiques d’HM, je la revois la semaine prochaine: clairement, au lendemain même de cet enregistrement, ils veulent continuer l’expérience.

Sommes-nous instrumentalisés dans un coup de pub ? Fabrice, Alban, dites-moi ce que vous en pensez, moi je n’en ai pas eu l’impression (si ce n’est qu’il y a par essence, toujours, un léger objectif secondaire mais c’est une composante indissociable de l’action politique, c’est normal) . J’ai vraiment ressenti qu’ils ne voulaient tout simplement pas passer à côté d’un sujet dont ils subodorent en toute modestie qu’ils n’en saisissent pas tous les tenants et aboutissants, et qu’ils leur faut écouter les experts pour avancer.

Non, vraiment, faites comme nous : provoquez la tribune, vous verrez, les choses avancent ! Et je ne suis pas connu pour avoir un caractère béatement optimiste loin s’en faut.

Venez même poser un sujet sur techtoc.tv : je ne fais pas de la pub (j’en ai pas besoin), je suis juste en train de vous interpeler à mon tour : c’est gratos, venez posez LA ques tion et le sujet qui va avec. Et vous verrez, ils viendront. Mais si.

Prenez votre e-democratie en mains les gars et arrêtez de râler sans proposer un dialogue concret dans la foulée : le dispositif est facilité par la diffusion web et vos visibilités respectives, vous le voyez bien, c’est accessible à tous les bosseurs. Perso, je suis totalement agnostique en politique, et j’avance pour tout dire dans la plus suspicieuse des postures — sans compter que j’ai tendance à avoir d’autres préoccupations plus terre-à-terre.
Mais Fabrice m’a mon tré un bel exemple : il va les chercher, les politiques. Tout simplement. Et ça marche. Ne vous arrêtez pas à de petits malentendus, je vous assure que le débat est ouvert.

Ils sont largués sur beaucoup d’aspects techniques, mais ils ont aujourd’hui une grande force : ils l’admettent. Et ils ont compris qu’ils ne se mêlent pas à la “foule intelligente” rien ne mar­chera. Pour moi ça veut dire qu’ils ont saisi l’essentiel.

En ce qui nous concerne on va continuer ces plateaux avec des politiques : participez avec nous.
Le signal donné par ce plateau c’est aussi notre absence de snobisme. On ne ne s’est pas “positionnés” pour faire les malins et se la péter “influents” ou que sais-je : la preuve en est que nous avons accepté sur le plateau tous les volontaires, sans restriction. On était juste inquiets, on voulait des réponses.

Voilà : on y est. ON Y EST ! Oui, les politiques ne sont peut-être pas totalement dans le coup, mais ils vont l’être bien tôt. Plus vite que beau coup ne le pensent. A nous aussi de faire un petit effort et de ne pas les laisser nous distancier !

 

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