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Posted: 18.4.2013 - 3 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

Oui j'ai tort merci je suis au courant - inutile de me le rappeler : ne JAMAIS écrire à chaud après un clash.

Mais ce blog c'est le bac à sable caché de mes cathartiques rencontres avec des imbéciles (ou l'inverse).

Et c'est toujours instructif de s'enquérir de la relation névrotique qui peut s'improviser entre une maman au bord de la crise de nerfs, son fiston qui se prend déjà pour le Zuckerberg français alors qu'il n'a pas son bac, et un blogueur un peu fatigué faut dire.

Je restitue donc ici un échange dont le caractère anecdotique sera ridiculement inintéressant pour la plupart de mes lecteurs. 

Mais un billet qui en dira long sur les déconvenues poisseuses, à ce stade encore inavouables - à la limite du tabou -, que secrètent les médias sociaux dont nous ne faisons que commencer à découvrir les impacts subtils et autres stimulants égomaniaques. 

Bien sûr, leur apport n’est plus à démontrer : il y a notamment bien, aujourd'hui, plus de 3000 vidéos sur ce site qui en attestent, et nous ne serions pas aussi passionnés par l’idée de ce partage, nous ne produirions pas autant de vidéos gratuites, sans pub invasive, pour parler des initiatives des autres, si nous n’étions sincèrement militants de la cause 2.0. 

Seulement, dans le contexte de cette coproduction, de cette cocréation, de cette fascination pour le participatif, le discursif, les publications, qu’elles soient amateures ou pros, diffusées dans les médias sociaux gratuitement, il y a une exposition qui réduit l’énergie du partage à sa portion congrue.

Avec le temps, une sorte d’entropie qui nous épuise, et qui tient aux agressions quotidiennes que tous les blogueurs connaissent.

Ces agressions ont ceci de triste, qu’elles sont le fruit d’un acharnement assez étrange contre ceux-là même qui prennent le risque de s’exposer, de partager, non sans une certaine générosité, quand bien même serait-elle imprégnée d’objectifs secondaires (comme le soin apporté à son réputationnel) : mais tout de même, cela reste de la générosité dans ce que la démarche a de mutuellement constructif. 

L’agressivité d'une partie de la foule, l’impression trompeuse que tout est « dû », crée une souffrance insoupçonnée, et en complète disproportion avec le caractère léger, bénévole et le plus souvent anecdotique de la démarche. Et elle nous ôte illico l'envie de nous extasier sur ce qu'on croyait être au commencement de miraculeuses "foules intelligentes". 

Une frange considérable de la population française est profondément, jusqu'au fin fond de son système limbique, acculturée par le Welfare state et l’accès aux prestations gratuites : n'y changeons rien, mais prenons juste la mesure de l’impact de ces impressions erronées. J’ai naguère été insulté par des internautes qui ne comprenaient pas que l’accès aux vidéos du site était conditionné par l’inscription au réseau social. J’aurais juré être un des directeurs de France Télévision, face à un téléspectateur déchaîné, estimant détenir le droit de m’insulter, sous prétexte qu’il paye sa redevance annuelle. 

Mais je ne suis pas le plus à plaindre : démunis, privés des moyens d’appliquer le principe du droit à l’oubli, beaucoup d’internautes subissent des humiliations bien pires. 

Ayant pourtant enfoncé la porte ouverte de ma dolente petite existence égotique, que puis-je dire ici ? Dans quel but ? 

ce n'est peut-être qu'un fantasme, au mieux une impression, mais il me semble bien que je dois persévérer dans ce choix, qui est le mien depuis le début de techtoc.tv, de poursuivre l’effort pédagogique. 

Chose surprenante, donc, j'ai dû m'habituer à cette drôlatique expérience existentielle : recevoir des coups dans la gueule de la part de ceux-là même ue j'ai invités de bon coeur, intellectuellement ouvert et stimulé, par une partie non négligeable de ceux-là mêmes que j'invitais sur mes plateaux TV. Ils n'ont certes pas réussi à m'en décourager tant l'esprit positif des autres domine fort heureusement la mélée, mais l'aggravation de ces attitudes m'exposent à une petite phase de morosité anti-démocratique.

Depuis le début, je tiens absolument à valoriser les autres, je m’efface, je produis, tous les lundis, des talks & interviews gratuitement, dans le but, assumé comme tel, et tant pis si l’on me traite de complet bisounours, de rencontrer des personnalités à haut potentiel. Vivre des coups de foudre. Et je leur prête mon studio, je leur donne mon temps, je disparais derrière la caméra quand il s'agit d'interviews, je les abreuve de conseils en communication par la vidéo qui sont le fruit d’une longue expérience. 

La plupart, que dis-je, la très grande majorité des gens, me remercient chaleureusement et je me contente de ce petit salaire psychologique : vous savez, la petite tape dans le dos et les yeux qui pétillent de gratitude (sachant qu'un twitt au passage fait toujours plaisir, hein). 

techtoc.tv commence à trouver son rythme de croisière et je suis ravi d’être en accord avec mon système de valeurs : j’estime avoir une minuscule responsabilité, mais une responsabilité quand même, dans l’écosystème : lui rendre un peu du bien qu’il m’a fait. 

Et puis parfois, je tombe sur des divas névrosées. Ouch.

Les divas vous traitent en cloportes : vous les invitez à s’exprimer face caméra, vous pensiez faire une belle rencontre de plus.

La diva va tout faire pour que vous preniez la mesure de son urgence : elle vous fait ressentir votre insondable inanité. Vous êtes un marchepied, tout au plus avez-vous le droit de dépêcher votre affabilité. Vous avez la chance de m’avoir chez vous, prenez-en la mesure, et ne me faites pas perdre mon temps. Et cela va même plus loin : la vidéo enregistrée génère une impatience forcenée : jusqu’à l’insulte. Jusqu’au pseudo bad buzz. Jusqu’à passer pour le salaud de service parce qu’on ne délivre pas assez vite la postproduction. Même si c'est réalisé gratuitement.

En toute diva sommeille un Troll énervé.

J’ai une fois laissé mon studio, entre les mains d’une chouette nana, qui a animé toute une journée des plateaux, plateaux dans lesquels est intervenue une société qui l’a recrutée dans la foulée. Cette personne ne m’a jamais remercié : au contraire, elle voulait me facturer son service. En 4 ans ce fut mon expérience la plus cuisante.

 Mais là, tout récemment, j’ai encore dépassé le record de l’ubuesque ingratitude.

 Pourtant je suis super positif ! J’adore vous rencontrer en interview : un lien délicat et précieux s’établit.

 Je suis d’ailleurs tellement prédisposé à prendre du plaisir que je pêche, je l’avoue, par excès d’enthousiasme.

Mais l’enthousiasme, c’est la vie non ? C’est une sève aussi précieuse par les temps qui courent, que le nectar d’ambroisie. Et je m’y abandonne volontiers.

Comme je l’ai fait lorsque j’ai reçu un communiqué de presse à propos d’un site de dating d’un genre intéressant (celui derrière lequl était embusquée ma dernière diva).

Bien que le branding ne m’ait pas semblé particiulièrement digeste, que le design du site m’ait semble encore rudimentaire, le potentiel m’a interpelé : amusant et astucieux. Néanmoins, ce qui m’a encore plus interpelé, c’est l’âge du créateur : 16 ans ! Oh putain.

J’ai voulu percer son secret, je m’attendais à rencontrer un jeune disert et partageur.

Et je ne souhaite pas l’accabler ni juger ici de sa prestation, je dirais juste qu’il était au contraire très économe, à l’extrême, de ses mots. Ce qui ne fut pas le cas de sa maman, omniprésente. Une diva dans toute sa mesure : splendide spécimen. La mère de Leonardo Di Caprio est d'une excessive modestie envers les succès de son fils en comparaison.

Cette maman, extrêmement séduisante et sympathique de prime abord, je dois l'avouer, restera à jamais gravée dans mon parcours, comme l’emblème de l’arrogance poussée à un niveau tel, qu’en quelques échanges elle a failli me dégoutter de mon travail. Ou du moins de cette partie de mon activité, dans laquelle j’ai choisi de beaucoup donner.

Je me suis trouvé littéralement harcelé d’appels et de messages parce que je n’étais pas suffisamment rapide dans la publication de la vidéo réalisée avec le moufflet - en fin de compte molasson - enregistrée quelques jours plus tôt.

Au n-ième message de relance (messages vocaux, appels entrants assez flippants dans leur caractère ostensiblement répétitif, SMS, mails…) - j’ai perdu patience et souhaité recadrer. J’ai voulu le recadrage assez froid dans l'espoir de susciter un découragement, et cesser de me sentir spammé, j’ai donc écrit :

"Je ne travaille pas pour vous.

Je suis débordé.

Vous me harcelez.

Je représente un média indépendant et fauché - et dois-je le rappeler, bénévole.

Je ne suis donc pas un prestataire, et j'ai autre chose à faire pour mon écologie personnelle que rassurer tous les interviewés.

Je livre les sujets selon l’agenda du site : ses équilibres, son dosage, nos envies.

Notre ligne éditoriale, notre motivation.

Merci  donc de ne plus m’écrire, ni mail ni texto.

C’est extrêmement pénible et déplacé. je reviebdrai vers vous au mieux de mes possibilités.

Frédéric"

 

ET voici la réponse : 

"c'est moi qui suis déplacée ? 

Vous nous avez demandé de monter, 1000 euros... et vous zappez le sujet de Vincent.

Pourquoi ce revirement ?

Ce n'est pas professionnel du tout ça... Je vous souhaite une bonne continuation !

De toute façon en lien avec de nombreux journalistes, personne ne connait Webcastory... Je comprends maintenant !

Nous vous avions pourtant trouvé sympathique, nous nous sommes trompés.

Notre première arnaque de l'aventure !

C'est bien d'être un révolté de la société, encore faut il être en accord avec soi même ! Vous n'êtes pas une si belle personne que ça ....

Bonne chance"

Là, je vous l'avoue tout net : elle passe en un message du statut de diva pénible à celui de méga super connasse névrosée.

Nota Bene  : elle fait référence aux mille euros que lui aurait coûté son voyage, et non pas une quelconque prestation, puisque j'insiste sur ce point : tout ceci n'est au départ qu'un partage enthousisate. Et je ne l'ai absolument pas incitée à quitter sa province natale pour faire ce voyage si anecdotique, bien au contraire.

Dans la foulée, la maman surprotectrice et surmotivée m’envoie même un SMS, vers 9h30 du mat, je suis en plein rush, je n’ai pas vu le mail à ce moment-là, mais le message tombe mal, je suis débordé, sous pression, et je lis sonn efonçage de clou : 

"Quelle arnaque !"

Et alors... comment vous dire : je fatigue et commence à me demander comment blacklister ses appels entrants etc. - chose dont je ne suis certes pas coutumier.

Et je suis si agacé, si blessé faut dire, aussi, d’une telle accusation, qu'après avoir tant éprouvé de sympathie pour le fiston, le projet et même la maman, après leur avoir offert mon temps, que sous le coup de la fatigue, coincé dans les embouteillages, je commets l’irréparable erreur de lui répondre. Je l’insulte à ma manière, tentant dans ce processus de lui exprimer mon désarroi, mais je l’exprime sans élégance, durement. Eh oui, j'ai le sang chaud quand on m'agresse.

Et je ne parviens pas à m’en vouloir, même si c’est indigne.

Pourquoi ? – Parce que, parce que c'est comme ça, je suis un peu blessé et je manque alors de recul, merde à la fin.

Car je produis des contenus de bon cœur, je donne un peu d’amour, je ne facture RIEN sur ces interviews. Je suis heureux de le faire : mais si on me traite d’arnaqueur : là je me transforme en monster vert. Faut pas pousser mémé dans les orties.

Pourquoi est-ce important d’en parler ? 

Parce que cet écosystème 2.0 est aussi pourvoyeur de souffrances poisseuses et sans gloire - pathétiques et indignes d'être narrées. et que c'est justement pour ça que je m'y colle.

De même que le mal-être a été exploré en RH, que le harcèlement psychologique a été reconnu il y a quelques années, il est des environnements où, là aussi, une seule personne peut d’un coup de fil, d’une remarque, créer du découragement.

Alors j’ai besoin de consigner ici mon désarroi, mon sentiment d’horreur : parce que tout ceci dénote d’un manque absolu d’humanisme, voire d'humanité, d'une complète absence de souci de l’autre.

Parce que, malgré un fantastique capital sympathie de départ, une personne peut se révéler un despote, simplement parce que vous avez eu la faiblesse de vouloir lui offrir un peu de visibilité.

Ma souffrance, ayant mené à ce qu’on appelle tous entre nous, fort prosaïquement, un « pétage de plombs » de ma part, est encore plus absurde que celle d’un salarié : pourquoi, parce que dans cette mini production, j’ai poussé un sujet somme toute indigent, par pure et simple sympathie pour un jeune qui entreprend, et que je ne suis ni rémunéré, ni même potentiellement fournisseur de ces gens-là. Je suis juste un passionné d'innovation web facile à influencer.

Et ils n’ont strictement jamais, et c’est là le point commun avec la démarche des pervers narcissiques qui opèrent dans certains milieux professionnels, jamais disais-je, strictement jamais, amorcé un commencement de début d’autocritique, quant à la brutalité de leur récriminations.

Or quelsue chose m'interpelle et me dit que nous ne sommes qu'au début de l'histoire : le semblant de visibilité qu'offre la désintermédiation médiatique du web deux, va faire surgir un nombre croissant de monstres, persuadés de détenir un pouvoir dans leur maigres chantages à la réputation.

Alors j’ai fait, comme le font à échelle tellement plus douloureuse certains salariés, exploser mon ras-le-bol en insultant vertement cette femme en réponse à son agression.

En filigrane, le débat est le suivant : suis-je un esclave de cette société de la surinformation ?

Ne suis-je rien d’autre qu’un misérable cloporte, à tout le moins un marchepied, pour ces gens qui ont l’absolue certitude d’avoir donné naissance au Zuckerberg français ?

Alors voilà, for the record, j’explose mais je souhaite aussi, pour moi, pour vous, pour les autres, consigner cette souffrance-là : car aussi inepte, aussi négligeable, aussi triviale qu’elle puisse paraître, une souffrance est toujours digne d’être consignée.

Cela me permet de la contingenter, cela me permet d’inférer un système de pensée adapté au contexte de cet écosystème 2.0 : cela me permet de conscientiser mon propre travail, mon équipe, mes proches, d’intégrer dans la démarche une mise en garde.

Oui, on en prend plein la gueule à partir du simple moment où l’on s’attèle à publier, produire du contenu, même en B2B : nous avons énormément de chemin à parcourir pour apprendre à vivre ensemble dans ces sphères encore abstraites. Comme sur le marché du travail, certaines humiliations passaient longtemps inaperçues. Dans tant d’autres univers, la transparence fera progressivement son chemin.

Et peut-être apprendrons-nous à nous respecter.

Posted: 23.3.2010 - 5 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

En toute modestie je serais très heureux d'avoir vos ressentis sur ce débat de fond qui commence à s'affirmer avec une force grandissante autour de la Neutralité du Net.

Nous avions déjà poussé ce débat sur la "Net Neutrality" avec Sandrine Bélier, vous pouvez voir la plateau en cliquant ICI.

Ce mercredi le président du Nouveau Centre et ministre de la Défense Hervé Morin sera sur notre plateau pour en parler.

J'ai besoin de vous de sorte que je puisse citer à l'attention du Ministre vos ressentis sur ce que vous estimez être les risques encourus pour vos libertés numériques (s'il y a lieu);

Le sujet a été tardivement livré ici (à l'instant !) :

Tournage planifié le 24.3.2010 à 16h30 : Il est grand temps de parler Neutralité du Net avec un ministre, non ?

Tout semble indiquer que cette problématique de la Neutralité du net est encore réservée à une population de geeks de l'écosystème, mais qu'il est de notre devoir de faire un immense effort de pédagogie en la matière, car ce que le Web pourrait un jour devenir peut parfaitement influer sur notre vie démocratique. 

Or, cela semble se jouer à moyen et peut-être même court terme.

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