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Posted: 27.3.2010 - 5 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

Préservons la neutralité du net autrement en renouant avec les valeurs fondamentales qui animent le réseau des réseaux
 

Je ne sais pas si vous êtes au courant mais la neutralité du net est menacée ou remise en cause tout au moins.

Qu'est ce que la neutralité du net ? Et bien elle est un principe fondateur du net tant technique que philosophique qui stipule que tous les contenus puissent voyager sur le net à la même vitesse sans filtrage, sans blocage et sans discrimination. Elle est le garant d'un internet libre et ouvert.

Le débat se répand sur le web actuellement car des tentatives sont à l’œuvre qui, en cherchant à réguler le net et notamment à le filtrer, s'opposent à sa neutralité.

Si nous n'y prenons garde il se peut que l'internet de demain soit une pâle copie de l'internet que nous connaissons aujourd'hui.

J'ai pris le temps bien que je ne sois pas un habitué de ce thème de rédiger une courte explication de chacune de ces tentatives et dont la lecture (en fin de page) vous aidera je l'espère, à prendre la mesure de l'enjeu.

Sans doute et comme il en fut le cas pour l'HADOPI, ces nouvelles tentatives de régulation vous révolte ? Moi aussi... cependant je ne suis pas étonné qu'elles existent. Et je ne serai pas étonné d'en voir de nouvelles apparaître si les tentatives actuelles disparaissent entre temps.
Pourquoi ? Et bien parce que nous ne savons toujours pas nous servir de cet outil qu'est l'internet. Nous l'utilisons de travers si bien qu'il ne livre pas son véritable potentiel. Et celui-ci n'a en conséquence toujours pas gagné ses lettres de noblesse et nous avec lui.
En fin de compte je trouve très sain que ces tentatives de réguler l'internet existent car au moins elle nous empêchent de nous croire arriver.
Nous nous sommes endormis en chemin et le réveil va être douloureux si nous n'y prenons garde.

L'internet c'est un outil dont la vocation est de nous permettre de nous rapprocher les uns les autres et de nous organiser en intelligence collective. Or dans les faits qu'est ce qui s'est passé ? Nous avons eu une opportunité de trouver collectivement une réponse intelligente à un problème complexe qui créé de la séparation entre individus et pour autant nous l'avons laissé filer. Je veux parler du téléchargement P2P. Nous avons joué les enfants gâtés. Cette technologie redoutable entre les mains nous nous sommes laissés aveugler et avons cru que nous étions en train de changer le monde en mieux et peut être même le cours de l'histoire. Nous avons oublié que la valeur principale qui anime le réseau internet est celle du partage. Pas un petit partage, pas un simple partage de fichier, un partage au sens noble qui favorise les 2 camps parce qu'il va tenter de trouver un compromis, une position équitable, malgré des divergences de point de vue.
Si nous continuons à ne voir dans l'internet qu'une technologie redoutable avec laquelle nous aimons déconstruire sans réellement reconstruire derrière en tenant compte de tous alors l'internet ne nous sert plus à rien.

Qu'en pensez-vous ? Pensez-vous que nous sommes capables d'apporter une réponse intelligente collectivement à ce problème ou plutôt à cette opportunité de nous rapprocher et d'initier une nouvelle ère de croissance en matière de contenus culturels ? Pensez-vous que nous sommes capables de changer collectivement notre comportement quand nous aurons décidé de cette solution ?

Pour en revenir à la neutralité du net maintenant qui est considérée comme l'un des piliers fondateurs du réseau des réseaux et que des tentatives de régulation tentent de remettre en cause. C'est l'avenir du net tout simplement qui est en jeu.

Que faire ?

Et bien restons neutre tout simplement face à ces tentatives. Lutter contre elles de manière frontale ne feraient que les renforcer. Et même si nous parvenions à nous en débarrasser comme certains le voudrait une nouvelle aura tôt fait de pointer son nez. Recherchons le dialogue avec leurs investigateurs plutôt que la confrontation. Et mieux encore créons les conditions d'un débat sur l'avenir du net où chacun puisse venir livrer sa vision en mettant de côté les particularismes de son groupe d'appartenance c’est à dire en restant neutre là encore. Le net est un bien commun et en tant que bien commun son avenir doit être réfléchi de manière neutre à l'échelle de la communauté entière des individus.

Nous avons piétiné la neutralité du réseau nous mêmes ces derniers temps. Il ne faut nous étonner si aujourd'hui il y a des individus pour mettre en évidence notre manque de cohérence et pour nous menacer de nous priver de la neutralité du réseau définitivement. En fin de compte il faudrait les en remercier de jouer le mauvais rôle.

Comment avons-nous pietiné la neutralité de ce que pensons pourtant défendre ?

  • Tout d'abord comme je l'évoque plus haut, nous avons pris partie pour notre seul camp quand il s'agissait de décider sur le volet du téléchargement P2P.
  • En outre encore aujourd'hui, nous choisissons délibérément de privilégier le développement de nos commerces et de nos entreprises au détriment d'autres aspects tout aussi fondamentaux et notamment l'humain. Il ne s'agit pas de fustiger naïvement contre les sphères du commerce et du business sur le net. Elles sont nécessaires mais regardons les choses en face.
    Les valeurs qui animent le net tel que le partage, la collaboration, la liberté, l'intelligence collective pour ne citer qu'elles sont des valeurs très humaines mais combien de nous les appliquons pour autant au quotidien au sein de nos structures et au sein de notre écosystème entre nous ? Ce seraient pourtant à nous qui nous réclamons de son écosystème de montrer l'exemple, d'être cohérent avec l'outil que nous utilisons et dont nous prônons les vertus et le modèle de développement.
  • Enfin et pas des moindres nous nous sommes enfermés dans des concepts fumeux qui ont fait de l'internet un domaine de spécialistes ou mêmes les spécialistes ne s'y retrouvaient plus. Au départ nous étions bien intentionné mais nous nous sommes rendus inaccessibles et nous avons empêché que le net se peuple d'une population multicolore.

L'internet c'est la neutralité qui naît de l'équilibre parfait des contraires. Toute personne, toute idée, toute nation quelque soit son idéologie ou sa localisation peut y trouver sa place de la manière et selon le rythme qui lui plait. Plus nous englobons, plus nous créons les conditions qui vont permettre à chacun de s'y sentir chez soi plus nous rendons l'internet fort. C'est à nous de (re)devenir les gardiens de sa neutralité... en pratiquant la neutralité au quotidien.
 

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Vous pensez que j'exagère sur le constat que je porte sur notre écosystème ? Peut-être. Cependant je pense que l'enjeu qui est devant nous mérite que nous nous interrogions sur les conditions qui sont à l'origine de ces tentatives de régulation de l'internet et je crois que nous y avons notre part de responsabilité. L'internet est à un tournant de son évolution assurons nous de faire les bons constats pour faire les bons choix.

Et s'il vous plaît réagissez dans les commentaires. Votre vision a aussi son importance pour que nous nous constituons en intelligence collective sur ce débat. Merci ;-)

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Plus sur la neutralité du net sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Neutralit%C3%A9_du_r%C3%A9seau

TechTocTv a déjà consacré 2 vidéos sur ce thème :
Une première intitulée : Débat national sur la neutralité du net : bonnes intentions ou vaste diversion ?
Et une deuxième intitulée Il est grand temps de parler Neutralité du Net avec un ministre, non ? (très prochainement en ligne)
TTT va continuer à aborder cette thématique au cours de prochains plateaux.

Côté calendrier il est à noter que le 13 avril prochain la loi Loppsi (ci-dessous) sera examiné au Sénat. En outre le gouvernement doit rende un rapport sur le thème de la neutralité du net au Parlement d’ici la fin juin 2010.

 

Les 3 tentatives de réguler le net qui font débat


La loi Loppsi prévoit des dispositifs de filtrage et de blocage des sites Internet sans contrôle préalable du juge dans le cas où ceux-ci seraient présumés offrir notamment des contenus à caractère pédopornographie, des jeux d'argent en ligne ou des propos diffamatoires. L'efficacité d'une telle pratique est remise en cause et notamment par des pays qui l'on essayée comme l'Australie et la Finlande.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_d%27orientation_et_de_programmation_pour_la_performance_de_la_s%C3%A9curit%C3%A9_int%C3%A9rieure
http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/loppsi-et-internet/
http://www.laquadrature.net/fr/filtrage-du-net


Le paquet télécom est un ensemble de directives européennes régulant le secteur des télécommunications. Adopté par le Parlement Européen le 24 novembre dernier, il autorise désormais les opérateurs à limiter la qualité de certains contenus, services et/ou applications à partir du moment où il en informe ses clients. Cela veut dire que votre FAI peut décider de restreindre la vitesse d'accès à des contenus de son choix et pourquoi pas s'il le souhaite pour les contenus P2P ou la voix sur réseau IP. 
En outre le paquet télécom prévoit le cadre dans lequel l'accès à l'internet d'un citoyen de l'UE peut être coupé par la justice. Or désormais il n'y a plus de certitude que cette décision soit justement consécutive d'une action en justice en bonne et due forme c'est à dire auprès d'un tribunal. Il est simplement prévu qu'elle puisse être la conséquence d'une "procédure préalable, équitable et impartiale".
http://owni.fr/2009/12/22/neutralite-du-net-retour-sur-le-paquet-telecom/
http://www.laquadrature.net/fr/Telecoms_Package
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paquet_T%C3%A9l%C3%A9com


L'ACTA est un traité international dont l'objectif est d'endiguer la contrefaçon et le piratage numérique à l'échelle mondiale. Il a été dans un premier temps négocié en secret mais des fuites ont permis de révéler son existence. Il y a différents volets dans ce traité qui concerne l'internet mais pas seulement. On y parle aussi par exemple des médicaments contrefaits.
Pour ce qui est de l'internet, l'ACTA prévoit pour l'essentiel de faire supporter aux fournisseurs d'accès à l'internet (FAI) ainsi qu'aux fournisseurs de services (par exemple les sites web) la responsabilité des contenus transitant par leur intermédiaire. La résolution des problèmes de propriété intellectuelle leur incombera directement en dehors des tribunaux. Pour y parvenir inévitablement les fournisseurs vont devoir filtrer et analyser la totalité des contenus et sans aucun doute les censurer lorsqu'ils seront jugés illicites au regard de la loi du droit d'auteur. En outre l'ACTA prévoir la mise en place de sanctions pour les utilisateurs violant le copyright comme celle de leur couper l’accès à l’internet après trois avertissements. Ce dernier point vous rappelle bien entedu l'HADOPI mais sachez que l'ACTA lui est antérieur de plusieurs années et en y regardant de prêt lui est supérieur en terme d'impact.
http://fr.readwriteweb.com/2010/01/20/a-la-une/traite-acta-censure-loppsi-hadopi/
http://fr.readwriteweb.com/2010/01/30/nouveautes/acta-loppsi-enfin-dans-les-mdia/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_commercial_anti-contrefa%C3%A7on

Bien sûr à cette liste il faudrait rajouter l'HADOPI. Mais je n'ai pas besoin de vous la présenter ;-)


Pour finir il faut compter avec un procédé de régulation supplémentaire mais qui n'est pas une tentative à proprement parlé mais plutôt une technologie disponible : le DPI (Deep Packet Inspection).
Le DPI est une technologie qui rend possible la surveillance du contenu des pages consultées par un internaute. En Grande-Bretagne les défenseurs de cette technologie avancent qu'il s'agit seulement d'étudier le comportement des internautes et de leurs fournir du contenu publicitaire ciblé. En Chine la technologie sert ni plus ni moins à surveiller et censurer l'internet. Et dans les autres pays tel que la France que faut-il en attendre si elle était introduite ?
http://fr.readwriteweb.com/2010/01/12/analyse/deep-packet-inspection-censure-filtrage/

Posted: 19.3.2010 - 11 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

Je n'ai pas la réponse à cette question. Mais je voudrais tout de même partager avec vous quelques éléments que j'ai pu retirer de ma participation à un plateau il y a quelques jours. Peut-être serviront-ils à d'autres membres dont l'intervention est déjà programmée ou simplement envisagée.

Si certains éléments sont totalement subjectifs certains relèvent du bon sens. Je vous invite à y apporter votre touche personnelle car je suis sûr que nous avons tous un petit truc qui marche à partager et qui participera à aider d'autres membres de notre communauté dans cet exercice dont nous sommes pour la plupart, je ne crois pas me tromper, des novices.

 

AVANT LE PLATEAU

Echangez avec les intervenants sur la page des commentaires. Selon moi c'est indispensable pour qu'une certaine convivialité s'installe entre les intervenants et qu'il se dégage une certaine tonalité qui permettra de mieux engager la conversation une fois sur le plateau.

Il n'est pas forcément nécessaire de déflorer totalement le sujet sur cette page de commentaires. Quoique ... D'autres avis sur la question ?

Pour gérer le stress juste avant l'intervention :

  • Discuter avec les autres intervenants et l'équipe TTT qui vous accueille. Cela va de soi mais cela évite surtout à votre esprit de gamberger tout seul.
  • Buvez de l'eau (l'équipe TTT vous propose sympathiquement à boire à votre arrivée)

Si cela ne suffit pas :

  • Dites vous qu'on en ressort de toute façon indemne ;-) et que l'on vous appréciera si vous restez le plus simple et naturel possible. 
  • Faites le poirier sur le plateau TV (facultatif) ;-)

 

PENDANT LE PLATEAU

Pour parler de mon expérience personnelle je suis venu avec l'envie de transmettre ma vision du sujet et j'avais beaucoup d'observations et d'idées à exprimer. Parfait ! Cependant et bien que le plateau ait duré 1 heure, j'en ai passé moins que prévu... Après coup je comprends qu'il n'y a rien d'anormal à cela. Il s'agit d'un débat et les autres intervenants ont bien entendu aussi envie de faire passer un message. Ensuite les échanges prennent une tournure avec laquelle il est question de composer. Et vous serez surpris de la vitesse à laquelle le temps sur le plateau passe !!

Mon conseil: sélectionnez à l'avance 1 voire 2 idées que vous souhaitez faire passer ce jour là en réponse à la question posée par le plateau. Assurez vous avant d'être sur le plateau d'être en mesure d'énoncer clairement votre idée en quelques phrases.

Je suis venu avec le sentiment d'avoir une vision des choses qui mérite d'être entendue. Oui mais là encore c'est un débat. Ne faites pas comme moi ce jour là : ne tentez pas d'affirmer trop catégoriquement vos idées. Mon sentiment après coup est que cela ne favorise pas les échanges et la tournure du débat.

 

Et vous quel est le truc que vous souhaiteriez partager issu de votre passage en plateau ?

 

Posted: 13.3.2010 - 3 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]

Note préalable : En relation à la thématique abordé dans cet article je vous recommande la lettre ouverte de Mozilla « De l’importance du choix ». Dans celle-ci Tristan Nitot nous invite à débattre de l’importance du choix des navigateurs. Ma contribution à ce débat consiste pour moi à cet instant à vous exposer les impressions que m’a procuré la découverte de l’écran de choix des navigateurs. Si vous avez un point de vue différent sur cet écran de choix des navigateurs ou des précisions à apporter, j’espère que vous les partagerez dans les commentaires. Faisons avancer le débat. Merci.

 

Une décision de justice sur la concurrence émise par la Commission européenne en décembre 2009 oblige désormais Microsoft à ne plus imposer de manière exclusive son navigateur internet aux utilisateurs de windows. Depuis le 1er mars, une fenêtre dont l’affichage est déclenchée automatiquement par windows informe les 190 millions d’utilisateurs européens de tous les navigateurs web existants sur le marché et afin que ceux-ci puissent éventuellement en installer de nouveaux sur leur machine en supplément ou en remplacement d’internet explorer.

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de voir cet écran, je vous invite à le visionner maintenant.

choix-typ

La proposition est désormais faite clairement aux utilisateurs de windows d’installer ou de ne pas installer le navigateur qui leur convient alors que jusqu’à lors Microsoft imposait son navigateur (internet explorer) sans offrir le choix des autres navigateurs.

 

C’est là une très bonne nouvelle et pour 2 raisons selon moi :

Premièrement, le rôle des navigateurs a longtemps été mal compris voire occulté mais il est pourtant essentiel. D’une part ils sont là pour nous permettre de naviguer sans écueil sur l’océan du web en nous garantissant notamment une sécurité maximale. Et d’autre part ils influencent la manière dont nous surfons sur le web de part leur ergonomie et leurs fonctionnalités. Ils participent à créer notre expérience du réseau des réseaux. Il est temps de leur attribuer netscapeune attention nouvelle, une attention qu’un seul navigateur avait réussi à capter en son temps : Netscape.

Pourtant il n’est pas question de ressusciter le passé. Il s’agit plutôt pour les navigateurs d’achever ce qu’ils tentent d’accomplir depuis leur apparition à savoir d’être considéré enfin à leur juste valeur, de prendre la place qui leur revient auprès des utilisateurs.

Deuxièmement, il est dans la culture du net que tous, petits et grands, puissent s’exprimer librement et à un même niveau. Le web est un espace d’expression et depuis peu de socialisation qui donne une chance à chacun de pouvoir se faire entendre (hors fracture numérique cependant car tout le monde ne peut pas toujours saisir cette chance hélas encore aujourd’hui). La décision de justice abonde dans ce sens en nous permettant de découvrir sur une même page les différents navigateurs existant soit 12 au total. Il y a les grands (Internet explorer, Firefox, Google Chrome, Opéra, Safari) et il y a les « petits » beaucoup moins connus et plus spécialisés aussi parfois (Flock, K-meleon, Maxthon, FlashPeak, AvantBrowser, GreenBrowser et Sleipnir).

 

Maintenant est-ce que l’écran de choix des navigateurs tient ses promesses ? Est-ce qu’il offre aux utilisateurs la possibilité de choisir en toute connaissance de cause son ou ses navigateurs ? Pas si sûr ... 

Voici mes observations :

Sur cet écran de choix je remarque que les navigateurs se présentent au moyen de messages publicitaires ventant leurs mérites tels que « le navigateur le plus novateur au monde » (Safari), « le seul navigateur doté de la technologie Turbo » (Opéra), « Un navigateur rapide, conçu pour tous » (Google Chrome). Il y a certes un bouton « en savoir plus » qui permet de découvrir ensuite le navigateur plus amplement mais globalement à moins d’être un professionnel du domaine et/ou de les avoir déjà tous pratiqués avant de découvrir cet écran il est quasi impossible de se faire une idée objective de la valeur de chacun des navigateurs. Si tant est que, n’étant pas un expert du domaine, vous vous atteliez courageusement à la tâche en lisant scrupuleusement les informations présentées vous parviendriez à la conclusion que chacun de ces navigateurs a des arguments de valeur à défendre et qu’ils méritent tous sur un aspect ou un autre d’être certainement entendu. Ce choix que vous pourriez tenter d’effectuer en toute honnêteté à toutes les chances de vous conduire donc finalement à un non-choix. Bien sûr parce que vous êtes humain, vous pourrez passer outre ce dilemme en choisissant votre navigateur sur des critères qui n’ont plus vraiment un rapport avec ses performances objectives mais qui relèveront d’appréciations plus subjectives, voire irrationnelles. Par exemple vous choisirez Firefox pour son logo plus chaudement coloré que ses concurrents. Vous choisirez Google Chrome parce que comme presque tout le monde maintenant vous aurez déjà aperçu au moins une fois dans votre vie la page d’accueil de Google. Comme vous savez que beaucoup de vos semblables commencent par surfer sur le web depuis cette page, vous ne manqueriez pas de le retenir comme navigateur car vous auriez peur dans le cas contraire d’être privé de fonction de recherche sur le web.

Vous pourriez aussi choisir Internet explorer 8 car vous auriez aperçu juste en dessous de son logo qu’il est édité par Microsoft. Or Microsoft on ne la vous fait pas, c’est bien le fabricant de windows qui est installé sur votre machine.

Ces cas de figure vous choquent ? Vous pensez que je me moque du niveau de connaissances des utilisateurs… Non et bien au contraire. J’ai eu l’occasion dans mon parcours de faire de la formation à la pratique de l’informatique et du web auprès de particuliers et d’entreprises et j’ai également travaillé plusieurs années au sein d’une hotline pour un logiciel spécialisé et je peux vous dire que ces remarques sont un lot quotidien.

Microsoft lui même en a bien conscience puisqu’il a pris la précaution d’indiquer en terme simples ce qu’est un navigateur web sur une fenêtre qui précède l’affichage de l’écran de choix dont je vous parle.

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On peut y lire : Votre navigateur est un logiciel essentiel de votre ordinateur. C’est lui qui vous permet de surfer sur internet, c’est la fenêtre qui encadre les sites web que vous visitez.

Un navigateur ? C’est la fenêtre qui encadre les sites web que vous visitez. Ce n’est pas faux mais il faut avouer que c’est là une définition un peu particulière du navigateur web.

Une majorité d’utilisateurs, et même la très grande majorité d’entre eux, ont une expérience relativement sommaire de l’informatique et de l’internet. Et en la matière même quand on pense s’être mis suffisamment au niveau de son interlocuteur, quelques phrases plus loin il se peut que l’on jette de nouveaux le doute dans son esprit. Toujours sur cette fenêtre qui fait pourtant l’effort d’expliquer en terme simple et pragmatique ce qu’est un navigateur web, on trouve la phrase suivante : dans l’écran suivant vous pouvez installer tous les navigateurs que vous souhaitez.

Au premier abord tout va bien et c’est la stricte vérité, mais l’utilisateur non averti n’a aucunement conscience qu’il est possible d’installer plusieurs navigateurs et ne voit d’ailleurs pas du tout pourquoi il pourrait en être ainsi sur sa machine. C’est compréhensible. Pour d’autres usages nous sommes habitués à n’utiliser qu’une seule interface. Nous n’avons par exemple généralement qu’un seul téléphone mobile. Nous n’enlevons pas notre carte sim de notre téléphone pour le mettre dans un autre quand il s’agit de passer nos coups de fils. Nous conservons le même choisi une fois pour toute.

Ainsi vous vous êtes mis à la portée des utilisateurs et soudain sans y prendre garde alors que vous ne faite au fond que retraduire fidèlement les faits vous jetez à nouveau le trouble.

 

Que faut-il conclure et quelle voie emprunter ?

La question du choix du navigateur nécessite pour être comprise d’être entourée d’un minimum de discours pédagogique. Or là il n’y en a pour ainsi dire aucun. Il aurait été utile de fournir aux utilisateurs un cadre minimum de compréhension sur l’importance du rôle des navigateurs.

On peut estimer que l’écran de choix des navigateurs est une traduction littérale de la décision de justice de la Commission européenne. Cette page éditée par Microsoft est en soi un contenu neutre qui ne peut prendre partie. De ce côté là elle remplit bien sa mission même si on remarquera qu’elle privilégie les 5 grands navigateurs du marché (Internet explorer, Firefox, Google Chrome, Opéra, Safari) puisque ceux-ci sont affichés en premier lieu dans la cadre de sélection. Il faut faire glisser la barre de défilement en bas de ce cadre pour atteindre les 7 navigateurs suivants. Là encore d’apparence anodine cette manipulation n’est pas à la portée de tous les utilisateurs. Beaucoup d’utilisateurs d’ailleurs ne remarqueront même pas la barre au premier coup d’œil.

Quand à la largeur du cadre de sélection d’une valeur de 800 pixels si elle est suffisamment petite pour être visible sur des résolutions d’écran anciennes (moins de 5% des utilisateurs cependant), il est à noter que d’autres façons de présenter les 12 navigateurs peuvent être imaginées qui non seulement conserveraient cette même largeur mais garantiraient en outre de les mettre strictement sur un même pied d’égalité.

L’écran dit « de choix des navigateurs » va certainement conserver son aspect et son contenu actuel. Les navigateurs bénéficient désormais grâce à lui d’une meilleure visibilité auprès des utilisateurs. Néanmoins du fait de ce même écran, une majorité d’utilisateurs pourrait bien ne pas les choisir sur des critères objectifs alors que les navigateurs eux espère un tel choix. Plutôt que de parler « d’écran de choix » il conviendrait plutôt de parler « d’écran de sélection ».

L’établissement d’une liberté de choix sélection est une avancée significative pour le web et ses acteurs. Mais il reste du chemin à parcourir pour que cette décision prenne toute son ampleur. Ce n’est qu’une première étape. S’ouvre maintenant une étape tout aussi délicate où l’attention va se porter sur les utilisateurs.

Il s’agit maintenant pour les navigateurs de communiquer pour non seulement éduquer leurs utilisateurs quant à l’importance de leur rôle mais aussi pour se faire valoir individuellement en affichant leurs différences. Là aussi les recettes les plus évidentes pourraient ne pas suffire et provoquer l’effet inverse à celui recherché. Ils conviendra pour les navigateurs de faire preuve d’une imagination audacieuse en la matière. Si les navigateurs n’y parviennent pas le risque existe qu’une confusion s’installe dans l’esprit des utilisateurs qu’il deviendra autrement plus difficile à chasser que la position monopolistique de Microsoft.

Les navigateurs en sortant de l’ombre ne sont pas tirés d’affaire… ils leur restent maintenant à entrer véritablement dans la lumière.

opentochoiceA noter que l’organisation Mozilla qui édite l’un des 12 navigateurs présentés sur l’écran de choix,  en l’occurrence Firefox, a créé un site web intitulé OpenToChoice sur lequel elle tente de sensibiliser la communauté des utilisateurs à l’importance du choix du navigateur. Elle le fait tout en citant ses concurrents et en affichant la liste plus complète des navigateurs (19 contre 12 sur l’écran de choix). Elle fournit en outre du matériel de sensibilisation sous forme de flyer à imprimer puis à afficher au sein des communautés que l’on peut fréquenter dans sa journée comme l’école de ses enfants par exemple.

Aucune autre organisation ou entreprise parmi les 4 grands ténors de la navigation avec lesquels elle rivalise n’ont intenté une pareille action.

Posted: 25.2.2010 - 4 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: Show subjects

Bonjour,

Le web est à un carrefour de son évolution et nous êtres-humains tout autant.

Parvenu à ce stade notre capacité à comprendre ce qui constitue le moteur du web va nous permettre d’une part d’entrer sereinement dans sa nouvelle étape évolutive en cours d’installation et d’autre part de faire du web en général un outil capable de relever les défis de son temps.
 
Je vous propose d’aborder ici le web sous un angle rarement évoqué mais essentiel cependant, celui de l’humain.

N'hésitez pas à enrichir cette vision de vos commentaires en fin d'article. Sachez également que ce thème va faire l'objet d'un plateau très prochainement sur TechTocTv.



Les étapes du web vues sous un angle humain


Depuis son apparition le web évolue par étapes. Il y a eu le temps où les sites web étaient roi, puis ce fut au tour des blogs et plus récemment des réseaux sociaux.

A un moment donné nous partageons collectivement un même usage du web jusqu'à ce que nous progressions vers un nouveau qui nous convient encore mieux que le précédent.

Ces étapes ne sont pas le fait du web lui-même mais de ceux qui l'utilisent, nous tous la communauté des humains.

Nous reproduisons sur le web les mêmes étapes que nous avons l'habitude de suivre lorsqu'une opportunité nous est offerte d'aller à la rencontre de nos semblables et de nouer des liens avec eux.
 
Que faisons lorsque par exemple à l'occasion d'une soirée à laquelle nous sommes invités nous sommes entourés de personnes que nous ne connaissons pas ?
 
Nous commençons par nous observer les uns les autres et nous entamons les présentations. Nous revenons vers ceux que nous pensons reconnaître ou qui nous ont séduit et nous entamons la conversation. La conversation prenant une tournure agréable parfois nous nous écartons un peu du groupe pour la poursuivre plus tranquillement et plus librement aussi. Dans tous les cas quand la soirée se termine nous convenons de nous revoir par exemple le week-end prochain à l'occasion d'un dîner ou d'une sortie. Chacun repars de son côté en nourrissant le souhait de s'être fait de nouveaux amis. Si lors de ces retrouvailles la convivialité est plus que jamais au rendez-vous alors c'est que nous assistons sans doute à la naissance d'une nouvelle amitié où l'on va pouvoir partager davantage, en tout lieu et en toutes circonstances.

Sur le web nous franchissons ces mêmes étapes. Après nous être observés nous avons créé notre site web pour nous affirmer et pour séduire (pages perso et sites web vitrine d'entreprise). Les tentatives pour s'ouvrir aux autres étaient alors relativement timides (email, formulaire de contact, forum). Puis nous avons brisé la glace. Nous avons démarrer la conversation au moyen d'un blog. Nous avons ensuite invité les individus avec qui la conversation était devenue agréable, à la poursuivre sur un mode plus convivial encore au sein d'un réseau social où l'on s'y déclare ami en espérant que cette amitié ne reste pas à l'état de potentialité mais se concrétise en un authentique échange que l'on voudra maintenir à tout moment et en toutes circonstances.

 
Etape 1 : on observe, on séduit et on s'affirme, le temps des présentations

Etape 2 : on se rapproche et on entame la conversation, le temps de la découverte

Etape 3 : on s'apprécie et on se donne des occasions de se revoir pour poursuivre la conversation, le temps des déclarations
 

Ce qui nous donne pour le web :

Etape 1 : site web

Etape 2 : blog

Etape 3 : réseau social
 

Dès lors que ces 3 étapes ont été franchies la voie est ouverte pour qu'un lien authentique et durable s'établisse au sein duquel nous allons pouvoir partager à tout moment et en toutes circonstances. Néanmoins une étape intermédiaire pourrait s'avérer nécessaire et s'intercaler avant celle-ci. A ce stade en effet où il devient évident pour chacun qu'une amitié est en train de naître nous pouvons être sensibles à ce que des preuves tangibles, des faits et des gestes viennent conforter nos sentiments. C'est une étape critique, celle de la concrétisation.


Les différents stades de développement que franchit le web sont d'abord le fait d'une avancée de la conscience humaine avant d'être celui d'une avancée technologique. L'humain tire le web. Les technologies suivent. le web est un instrument de développement de la conscience collective  ou plutôt son support, nos penchants individuels y prennent une dimension collective

Pour savoir où va le web intéressons-nous à l'humain. Apprenons à observer et connaître notre nature humaine. L'humain est le moteur du web ... et son avenir aussi.

Voyons maintenant comment les différentes étapes que franchit le web ne sont pas à confondre avec la destination à laquelle le web est susceptible de nous emmener.

Parvenir à établir un lien permanent avec ses amis et en toutes circonstances est déjà en soi une belle conquête mais cela n'est certainement qu'une étape vers un accomplissement plus grand.

 
 
Le web est un escalier


L'évolution du web procède d'une maturation. Même si les réseaux sociaux nous offrent un niveau de convivialité bien supérieur à celui des traditionnels sites web, nous avons préféré dans les premiers temps du web contribuer au plein essor de ces derniers. Nous n'étions pas prêts à vivre sur le web le niveau de convivialité présupposé par les réseaux sociaux.

Nous avons eu besoin de passer par des étapes successives et dans ce cheminement chaque étape atteinte nous a préparé à la suivante. Il en est de même lorsque nous gravissons un escalier. Chaque marche prépare la suivante et nous emmène progressivement vers l'étage supérieur.
 
Nous savons déjà depuis le milieu des années 90 c'est-à-dire depuis les débuts du web auprès du grand public que cet étage supérieur est ou a de grandes chances d’être celui de l’intelligence collective. Le web peut nous aider à actualiser ce potentiel. Depuis cette époque nous nous familiarisons avec cette idée et la touchons du doigt. C’est la belle promesse du web et nous sommes partis à sa conquête. Le web est un territoire vierge que nous tentons de conquérir avec la promesse d’un el dorado qui est l’intelligence collective.

Le web n’est pas notre destination, il est un support, une matière première, dont nous nous servons pour atteindre l’étage supérieur. Aussi ne nous arrêtons pas à chaque marche en  nous demandant s’il y en aura une prochaine car oui il y en aura d’autres et si nous en sommes à la 2eme ou 3eme, on peut sans doute s’attendre à ce qu’il y en ai encore 2 ou 3 fois plus derrière à franchir pour que nous puissions véritablement penser avoir fait du web une des plus belles conquête de l’homme. Et cela parce qu’il aura été utilisé à son avancement. Tant que nous n’avons pas atteint la dernière marche nous ne pouvons espérer nous amuser à l’étage supérieur. Il est stérile en outre de vouloir rester sur une marche. Personne n’a normalement l’intention de passer sa journée debout sur une marche à attendre. Tout au plus rester sur une marche nous offrira un meilleur point de vue sur l’étage supérieur par rapport au sol que l’on vient de quitter mais pas plus.
 
Le web est un escalier. Le web est un escalier dont on connaît la destination mais pas le nombre de marche. Le web est un escalier et donc on y va en s’attendant à y gravir des marches comme on gravit des étapes.

Les marches sont des points d’appui. Elles ne servent pas à marquer un temps d’arrêt mais à repartir de plus belle.

Nous sommes en mouvement dans un escalier. Nous n’avons pas les 2 pieds sur une même marche. A peine avons-nous posé le pied sur la première marche que nous sommes déjà en direction de la deuxième voire de la troisième. Il en est de même pour le web ; nous ne sommes jamais dans l’un ou dans l’autre totalement, nous sommes toujours dans un entre deux web. Quand nous posons un pied dans un web nous nous préparons déjà à poser le second dans un autre. Le pied posé sur la première marche, celle du site web nous pourrons choisir la 2eme marche, celle du blog, ou la 3eme marche, celle du réseau social. Plus téméraires certains chercheront à atteindre la 4eme marche en créant de facto une communauté.
 

Etape 0 : Connecté à l’internet

Etape 1 : Internaute

Etape 2 : Blogueur

Etape 3 : Membre de réseau social

Etape 4 : Créateur d’une communauté

 
Gravir 2 ou 3 marches d’un seul coup réclame un effort supplémentaire. Il faut bien anticiper son mouvement et avoir un excellent point d’appui sans quoi nous risquons de perdre l’équilibre et d’en payer les conséquences en revenant sur les marches précédentes.

Et d’ailleurs si nous nous sentons instable sur une marche c’est peut être le signe que nous sommes allés un peu vite pour franchir les marches précédentes.

Par exemple si notre présence sur les réseaux sociaux est inconfortable c’est peut être que nous sommes allés trop vite quand il s’agissait d’entrer en conversation avec les internautes au moyen d'un blog. La montée idéale restera toujours celle qui se fait marche par marche d’un pas assuré et égal.

Si malgré tout nous souhaitons atteindre la troisième ou la quatrième marche en une seule fois et sans encombre nous devons garder à l’esprit qu’elles n’existent que par la présence des précédentes marches : si nous nous investissons dans les réseaux sociaux et créons une communauté cela ne nous dispense pas d’ouvrir un blog. Bien sûr ce n’est pas le blog en soi qui compte mais la nature des conversations que l’on y trouve.

Notre blog pourra toujours être incorporé à votre réseau social mais alors nous devrons tenir du jour au lendemain 2 modes de conversation simultanément l’un correspondant au blog sur le ton la transparence et l’autre correspondant au réseau social sur un mode plus « amical ».

Ensuite si vous décidez de sauter des marches encore faut-il que vous sachiez où vous allez. Au cours de votre journée non plus vous ne gravissez pas des marches de votre escalier sans raison et toujours pas plus pour y rester le restant de votre journée. Vous franchissez les marches avec pour but d’atteindre l’étage supérieur parce que quelque chose vous motive à vous y rendre. Si vous êtes de ceux qui avez gravi 2 marches d’un coup vous n’êtes pas plus avancé que celui qui n’en a franchit qu’une seule et qui ne sait pas ce qu’il fait là. Vous avez par contre dépensé une énergie supérieure aux autres pour la suite de votre parcours dans l’escalier.

 
 
 
La traversée des apparences


Toute prochaine marche pour être atteinte nécessite une avancée dans le vide. C'est un moment où l'on peut trébucher et retarder sa progression.

Il en est de même avec le web. Alors que nous sommes installés dans une de ses étapes nous pouvons éprouver des réticences à nous engager vers la prochaine. Ce passage d'un web à l'autre prend alors la forme d'une traversée des apparences.
 
Voici un aperçu des différentes apparences qu'il nous a fallu traverser à chaque grande transition du web depuis son essor auprès du grand publique en 1994 :

alors que nous obtenions notre première connexion à l'internet :
"les individus vont moins voyager et rester davantage chez eux au détriment de leurs relations sociales"
 
alors que les blogs et les sites dont le contenu est généré par les utilisateurs commençaient à pointer :
"les individus vont se perdre dans le jeu de leur égo"
 
alors que les réseaux sociaux attirent quotidiennement encore aujourd'hui des milliers de nouveaux membres :
"les individus risquent gros en dévoilant leurs données et pensées personnelles"

La prochaine traversée des apparences est déjà prévisible. Elle va survenir du fait que les données de tout bord vont se libérer et se lier entre elles et que nous allons utiliser le web de plus en plus en temps réel. Son leitmotive devrait être : "les individus n'éprouvent aucun intérêt à accéder à autant de données et ne pourront de toute façon pas les digérer pour eux-mêmes"


 
 
La montée en transparence


Monter un escalier réclame de l'attention. Une fois posé le pied sur la première marche on abandonne toute tâche qui nous occupe pour se consacrer exclusivement à la montée.

Pour ce qui est du web plus nous franchissons ses différentes étapes, plus nous sommes en quête de transparence.

Au début du web nous ne partagions que très peu de chose aux yeux du reste de la communauté. Nous surfions de sites web en sites web en laissant parfois un commentaire sur l'un d'entre eux au moyen d'une nom d'emprunt, un pseudo. Aujourd'hui nous partageons qui nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous aimons, ce que nous pensons. Et nous sommes bien entendu sensibles à ce que nos interlocuteurs se dévoilent eux aussi tel qu'ils sont. Le pseudo autrefois communément admis devient suspect. Cette tendance vers une plus grande transparence de qui nous sommes avait déjà été amorcée il y a une dizaine d'années par les "sites perso" puis elle s'est intensifiée avec les blogs et surtout les réseaux sociaux.

Notre progression vers l'étage supérieur nécessite que nous nous allégeons.

La bonne nouvelle c'est qu'en jouant ainsi le jeu de la transparence, nous parvenons sans effort à occuper une place inédite que personne d'autre ne peut revendiquer à son tour : la notre. La transparence conduit à une certaine forme de dépouillement qui finit elle-même par nous mettre ni plus ni moins face à nous-mêmes. Cela est possible aussi parce que le web ne connaît pas les limites du monde physique. Il flirte avec l'infini. Il y a potentiellement une place pour chaque idée, chaque sensibilité et chaque individu. Chacun peut y trouver son espace d'expression au moyen d'un blog ou encore par une présence sur les réseaux sociaux.

Nous ne savons pas avec certitude ce qu'est l'intelligence collective. On peut penser cependant qu'une intelligence collective digne de ce nom est sans doute ce stade où, occupant chacun une place qui nous est propre, nous nous entendrons pour réfléchir et agir de concert et sans effort dans une même direction. Personne ne perd inutilement son énergie à essayer d'imiter les autres ou à prendre leur place.

 

 
Une intelligence collective en perpétuelle éclosion


Pourquoi continuons-nous à investir notre énergie et notre temps dans le web ? Parce que chacune de ses nouvelles étapes est une occasion que nous nous offrons de nous relier d'une manière plus instantanée avec ceux qui partagent les mêmes centre d'intérêt que nous en nous affranchissant des contraintes du temps et de l'espace. Lorsque nous sommes reliés à d'autres partageant les mêmes sujets de prédilection, nous échangeons et confrontons nos idées. Parfois, il faut dire souvent même, nous créons un groupe informel pour continuer cet échange et attirer encore plus de passionnés qui pourront à leur tour apporter leurs contributions. Cela a commencé très tôt avec les babillards, les newsgroups et pour ce qui concerne le web en tant que tel, les "pages perso". Cela se poursuit aujourd'hui avec les réseaux sociaux où nous pouvons créer un groupe en quelques clics de souris.

C'est ainsi à chaque étape du web : nous avons toujours cherché à nous rapprocher de ceux qui partagent la même sensibilité afin de partager le fruit de notre réflexion. Nous avons fait le parie de l'intelligence collective dès le départ.

Même le web que nous considérons comme "marchand" répond à ce mouvement. Les sites web marchand se démarquent quand ils parviennent à nous offrir le plus grand choix d'articles certes, mais surtout la possibilité de les comparer entre eux et d'obtenir les avis de nos semblables. Ce n'est pas comme dans un supermarché où les produits sont poser les uns à côté des autres. C'est un modèle bien différent où les articles et ceux qui les achètent sont reliés les uns aux autres.

Le web reflète notre aspiration a plus d'intelligence collective. A chaque fois que le web s'actualise nous nous offrons une opportunité plus forte de progresser dans notre maîtrise de l'intelligence collective. Celle-ci peut être parfois encore assez simple, d'autres diraient sommaire, mais elles progressent et atteindra un jour ses lettres de noblesse.


 

Boris Perchat

http://www.borisperchat.com

 

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