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Posted: 6.12.2011 - 16 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: RH & 2.0

En hommage à mon camarade Fred Poulet et à son salutaire premier pavé dans la marre, dont je pousse le bouchon désormais volontairement trop loin.

Le concept d'entreprise 2.0 est à obsolescence incorporée, c'était un bon contrepoids, il fut même salutaire, pour contrebalancer la sclérose programmée par les ERP psychorigides.

Une fois l'évangélisation réussie, il se passe la même chose que dans toute explosion d'énergie : une inévitable dilution de la dynamique de départ.

C'était une énergie centrifuge : vous avez, cette force d'inertie qui sous l'effet d'une rotation a tendance à pousser les corps vers l'extérieur.

Oui, il fallait un peu remuer le tambour de la machine, réveiller les bonnes volontés, ou plutôt les redécouvrir.

Mais l'entreprise doit se recentrer sur son business, et c'est à bon escient que je devrais dire son "core business", qui comme la notion l'indique, nécessite une force centripète. La force du management sera de ne pas céder aux sirènes alarmistes des vierges 2.0 effarouchées qui se croyaient portées par un vent d'idéalisme romantico-business compatible. On est là pour faire du business, sauver nos entreprises, pas pour discuter des heures en ligne des bénéfices de Yammer ou de ce que Bluekiwi apporte à l'innovation quand il faudrait déjà que beaucoup de monde se donnent un bon coup de pied au popotin et apprennent à franchir le pas de la porte du collègue d'à côté quand il en a vraiment besoin.

Le culte de l'indépendance et de la diversité etc. (La Sagesse des Foules, James Surowiecky) tout ceci relève un peu de la bisounourserie la plus invétérée malgré tout, même posée par le rois des penseurs de la gouvernance 2.0.

Confrontée à l'adversité et la mutation environnante, l'entreprise a plutôt besoin de fanatiques: il va à nouveau falloir des employés soudés, bornés, capables de s'acharner sur un objectif de survie immédiat. Focused.

L'agilité est un miroir aux alouettes : les plus agiles sont souvent une bande de petits malins qui en sortant des grandes écoles tentent de se construire autour d'eux un diagramme de Peter, networkent avec brio (c'est là tout l'enseignement franco-français des grandes écoles), et finalement détournent ce que le concept d'entreprise communicante avait de sain pour le mettre à leur profit : diluer l'info, se montrer partout tout en ne faisant pas grand chose (ça, c'est ce qui m'exaspère le plus), sous couvert d'évangélisation, saupoudrer un peu de "bon esprit" de ci de là (donneur de leçon 2.0), élaborer un tissu complexe d'influences dans l'entreprise même, et valoriser cette importance improductive. Et je ne parle pas des ayatollah du 2.0 qui déploient une fantastique énergie à faire beaucoup de bruit pour rien.

En France, où le syndrome des grands diplômés est particulièrement endémique et nous prodigue une palanquée d'édiles infatuées, la conséquence culturellement inévitable (quel pléonasme) est l'enlisement du quotidien dans le politique.

Je ne vous ferais pas l'insulte de vous demander, chers professionnels, si votre vécu en entreprise a été suffisamment dense pour vous confronter, quand un projet échoue à la fameuse réponse de circonstance : "cherche pas à comprendre c'est politique". Dites-moi en quoi l'entreprise 2.0 a changé quoi que ce soit.

Nos intellectuels du management, épris de fulgurances "collaboratives", s'isolent à vrai dire dans ce chiche discours, et laissent plus subrepticement que jamais le bas peuple faire le sale boulot, les framework collaboratifs sont mis en au service de l’esbroufe 2.0, des effets de manche et autres terminologies décoiffantes comme la sérendipité (j'ai testé le mot plein de fois en rendez-vous : c'est fou ce qu'il en impose quand je le sors d'un air détaché devant quelques paires d'yeux ébahis par ma culture 2.0 - je sais je suis pervers et contradictoire).

L'entreprise 2.0 est ainsi trop souvent devenue le lieu de la mondanité 2.0 et personne n'est là pour reparler sérieusement de la compétitivité de nos entreprises françaises et de notre incapacité chronique à résoudre nos problèmes de balance du commerce extérieur.

Je provoque bien sûr, parce que là où ce que je préfère appeler l'entreprise numérique a réussi, il y a conciliation des process avec le collaboratif.

Les process d'ailleurs, n'ont pas attendu le concept 2.0 pour être conçus dans une optique collaborative. C'est leur raison d'être : les opposer artificiellement au mythe du merveilleux 2.0 c'est vraiment prendre les gens pour des lucioles.

En gros l'entreprise qui a bien négocié le virage des temps modernes et intégré les outils les plus pertinents, c'est celle qui les as construits autour de ses process existants pour les perfectionner à dose homéopathique.

Les autres, les plus idéalistes, ont intégré cette fabuleuse énergie.

Mais comme je le disais plus haut, elle est source d'entropie : faire reposer certaines manières de faire sur de l'énergie positive, optimiste, gonflée aux hormones des digitalk natives est une erreur fondamentale. J'ai coutume de dire à mes collaborateurs : "les gars, les process c'est ce qui reste de solide quand on fatigué et démotivé, et c'est ce qui doit nous survivre."

Alors voilà, je paraphrase Fred Poulet et l'auteur qu'il cite :

- Indépendance des participants : on s'en fout, on veut des gens "interdépendants", soudés comme une bande vikings acharnés au combat, prêts à déchiqueter les bisounours et sans démagogie interne : merde, des types et des femmes qui soient capables de s'arracher sans attendre que la management leur mette à disposition des outils propices aux élucubrations littéraires de quelques digital native en rut ;

- Diversité : encore faudrait-il s'appeler Virgin et vendre de tout. Une entreprise a un profil, ses produits impliquent une culture, ceux qui n'adhère pas dégagent, là aussi arrêtons de dire des conneries s'il vous plait ;

- Objectif très précis : le plus grave problème à mon sens c'est que les réseaux sociaux deviennent une fin en soi, et pointless dans de trop nombreux cas de figure sous prétexte qu'on fait de la comm RH. Quand j'entends sur certains intranets ces gentilles exhortations au communautarisme 2.0, quand je visualise ces visages souriants tout droit sortis de Fotolia sous-titrant "construisez ou rejoignez votre communauté" j'ai l'impression d'entendre la pub qui disait naguère "va chercher bonheur", l'auto-dérision en moins. Encore une fois, le seul objectif servi c'est celui d'un petit groupe déconnecté du monde réel, auto-infusé dans ses prises de position sincères, qui veut oublier que dans ses murs des gens se suicident en s'écriant : "regardez, il y a une communauté de flûtistes sur mon réseau intranet, c'est beau, on a gommé les processus métier et créé du lien social". Le même séducteur est une arapède carriériste et tout le monde est bluffé : ça ne dure néanmoins qu'un temps.

Heureusement.

Vous comprendrez maintenant pourquoi je parle de plus en plus de Cloud ici. Il y est au moins question de gouvernance des S.I., les KPI sont explicites, le discours ROiste. Je l'avoue : ça fait du bien.

Revenons si vous le voulez bien sur l'entreprise 2.0 pour la déconstruire et poser des bases plus solides : soyons ambitieux. Détruisons ce concept et posons l'entreprise numérique sur de meilleures bases, arrêtons le suivisme. L'entreprise 2.0 avait libéré quelques énergies, c'était un fantastique jalon anti-sclérose. Le concept suivant doit toujours nous éviter la calcification dans celui qui le précède, c'est la vie et tout le monde le sait, question de cycle. Mais ce que l'entreprise 2.0 a de très dangereux, c'est qu'elle nous fait croire qu'elle est la vie, qu'elle la fraîcheur, qu'elle intègre des réalités organiques : elle est sournoisement confortable.

Je propose un atelier d'une journée entière pour y arriver et enfin parler sérieusement en mettant autour d'une table des DSI, des DRH et des... community managers. Your call.

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