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Posted: 29.11.2009 - 19 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
Category: Show subjects

 Ah!!

Il m'est rarement donnée une occasion en or de montrer à quel point je suis un sale con capable de prendre une enclume pour écraser un moustique, mais avec la conviction que le micro problème venu m'asticoter est une opportunité d'affirmer ma doctrine, ou appelez ça comme vous voudrez, ma conviction, autour du métier totalement disparate et foireux qui est le mien.

Mais pour une fois, une personne gracieusement invitée sur un de mes plateaux s'est mise à m'écrire un email un peu poisseux lié à la gestion de son temps de parole, croyant peut-être, avec l'habitude d'entendre des âneries à la télé, que sur un pauvre plateau techtoc.tv fauché nous avions aussi des comptes à rendre auprès d'une sorte de "CSA des entrepreneurs" ou que sais-je, un machin implicite et occulte de cet ordre en mesure de créer des règles de gestion de l'équilibre des temps de paroles démocratiquement.

Je ne vais donc pas accabler la personne à qui j'ai répondu en la citant, mais je prends la liberté de livrer le contenu de son email, somme toute, en tout cas pour moi, peut-être pas pour vous, mais peu importe, je l'ai dit, je suis un sale con, somme toute disais-je assez drolatique - et bien sûr en dissimulant les noms et les marques :

"Bonjour Frédéric,

Je prends le temps de t'écrire cet email, à froid, car j'ai quelques remarques suite à XXX soir.

En fait j'en suis ressorti avec une certaine frustration, sur plusieurs plans :

 - tout d'abord, j'ai la désagréable impression de n'avoir que peu parler durant tout ce débat. Comme tu l'as toi-même dit à un moment donné du débat, mon temps de parole a été très faible.

Paradoxal quand l'emission a tenue plus de XXX minutes quand même...

 - Je ne remets pas en cause ton principe qui est qu'on ne peut pas couper, mais du coup, c'est à toi, je pense, de plus couper et de plus distribuer la parole et surtout de faire en sorte d'observer ceux qui ne parlent pas pour qu'ils puissent rebondir. Il y a plein de moments ou je souhaitais reagir, ne serait-ce qu'une minute, à ce qui a été dit par un autre, mais ce n'a pas été possible, ce qui a fait que cela a manqué d'intéractivité.

 - Globalement, XXXXX et toi avaient été ceux qui sont le plus intervenus (XXXX n'a lui aussi que peu parlé) ce qui est dommage, malgré tout l'intérêt que je porte aux dire de XXXXX et aux tiens.

 - Nous n'avons que très peu abordé que certains sujets, c'est à dire à la fin en speed comme par exemple le XXXXX, qui est quand même ce pour quoi je pouvais apporter le plus et justifier ma présence (à la différence des autres intervenants, je n'ai ainsi jamais eu l'occasion de parler des usages XXXX sur [MON SITE]...)

Pour venir sur ce panel, c'est 5h de mon temps qui sont immobilisées, donc tu comprendras que j'essaye de faire en sorte que cela soit mieux mis à profit... car Techtoc tv est un projet que j'aime bien et j'aimerais bien revenir.

J'espère que tu comprendras ma démarche avec cet email

Bien à toi"

Bon, c'est difficile d'en juger pour ceux qui ne font pas le lien avec le bon plateau, c'est-à-dire heureusement tout le monde, puisque je ne cafterai pas, mais pour plaider ma défense votre Honneur, je le jure, j'ai juste pô ma carte de presse et qui plus est, si le plateau a duré longtemps, c'était justement, je le jure, pour donner à chacun le temps de s'exprimer.

Une question somme toute fondamentale est posée ici : ma faillibilité. Comme la faillibilité de tout animateur soit dit passant (et Dieu que dans ce métier les spotlights finissent par vous griller les neurones, mon cerveau sent déjà l'roussi). Mais c'est vrai enfin dis donc : je me prends pour qui, moi, à distribuer les temps de parole comme ça, aux gens qui m'intéressent, et à laisser faire la tête à ceux qui s'ennuient ? 

Ben je n'ai qu'une phrase de parfait sale con à vous offrir : "j'aimerais bien vous y voir".

Et qui plus est, fort ironiquement, si j'avais, comme le précise ce jeune homme, soulevé pendant le plateau lui-même qu'il n'avait en effet pas suffisamment pu parler, ce n'est pas parce que j'ai eu la cruauté de le souligner, me délectant de cette censure ad hoc, c'était parce que je le croyais timide et qu'en constatant précisément le problème, je voulais à fort bon escient lui rendre le Saint Graal du temps de parole perdu et le sortir de ce que j'ai cru être, comme ça, dans le feu de l'action, sa timidité et, peut-être, son absence de quoique-ce-soit-à-dire face aux autres trop diserts.

D'ailleurs ces derniers temps je me suis éclipsé de la plupart des plateaux. Parce que c'est fatiguant, si si : autrui est une fatigue (grand scoop inconnu des psy). Surtout quand on anticipe les frustrations et les feedbacks disons, euh, "constructifs"... Nan je blague, j'adore ça. Mais franchement, j'ai déjà donné, et essayé : j'ai réparti les temps de parole. Ca ressemblait à une réunion filmée dans une exploitation agricole gérée collectivement  par les membres d'un parti unique.

Par contre, le talent est désordonné, égoïste, égocentré en tout cas, et quand je laisse tel un méchant apôtre darwiniste s'exprimer ceux qui ont la plus grande gueule, étrangement, une dynamique s'installe. Il y a alors ceux qui se ferment comme des huîtres, l'air de dire "ben si j'aurais su j'aurais pô v'nu", puis ceux que cela agace et qui prennent la parole à leur tour et incendient ceux qui la monopolisaient juste avant.

Eh oui, second scoop : je ne suis qu'un p'tit gars du Sud, moi, chez moi ça s'appelle s'imposer.

Troisième scoop : je suis très mauvais dans le genre "sécurité sociale". Vous savez, donner à chacun son tour, mais avec ce qui inévitablement avec : un ticket et une file d'attente. C'est laborieux mais c'est du sûr : chacun son tour.

Et quand on présente, on fait certes d'énormissimes erreurs, et autres fautes de goûts. Mais c'est pas parce que vous pénétrez dans un studio web-TV qu'il faut se prendre pour un ministre : ici, on fait avec des moyens qui sont, techniquement et mathématiquement et incontestablement et laveritésijement, 100 fois inférieurs à ceux d'une émission mainstream. Va falloir faire avec l'idée que je ne déchiffre pas instantanément les faces de grands timides en train de dissimuler leur rage et leur frustration face caméra, va falloir faire avec l'idée que ces cons-là, à la régie, ils m'ont pas acheté d'oreillette pour qu'une productrice maternelle me souffle de faire parler équitablement M. Machin-qui-doit-pouvoir-parler-de-son-entreprise-pour-pô-regretter-d'être-venu.

Bref, en effet, je suis faillible.
Alors pour une manière d'enfoncez-vous-bien-ça-dans-la-tête, je vous livre ma réponse au jeune homme en question, dans laquelle j'expose en long et en large toute ma cruauté maléfique :

"Cher XXXX,

Ne vois aucun mépris si je ne trouve le temps de répondre à ce message que maintenant, j'en reçois des centaines et j'avoue être parfois à la rue - d'autant que je privilégie moi-même mon business et me noie dans les règles de gestion de mes mails sous Outlook.

Je ne sais comment te répondre, car j'ai deux options  :

1) la réponse circonstanciée et polie qu'appelle ton message subtilement culpabilisant ? ("oh oui je suis désolé" etc.);

2) ou la réponse version grosse perte de temps mais plus franche et plus adulte ? (c'est bien plus beau quand c'est inutile disait l'autre);

Bon, étant moi-même très casse-couille et jusqu'auboutiste, je choisis l'option 2).

Quoique bon, c'est totalement contraire aux règles implicites de la gestion du temps de parole auxquelles tu dois probablement te référer. 

Honnêtement, ta réaction, comment écrire ça, est imprégnée d'une morgue des plus déplacées.

J'espère en te relisant que tu t'en rends compte : pourtant, je te rassure, je ne me sens aucunement piqué où que ce soit, ni à mon orgueil, ni dans ma mission ou que sais-je d'autre de mal placé : je réalise parfaitement que tu fais de ton mieux pour positionner raisonnablement ta frustration, avec diplomatie et suavité.

Mais en soi, le sous-entendu en filigrane qui consiste à geindre que tu nous as, somme toute, gratifié de ta présence et que je t'ai fait perdre ton temps précieux , est d'une fort juvénile arrogance - tout jugement mis à part de ce que je pense être clairement tes talents personnels sur lesquels je ne porte qu'un regard déférent crois-le bien, n'ayant probalement pas moi-même le quart du dixième de tes capacités - ce dont je me contrefous puisque je suis hors compétition, tu peux donc croire en la sincérité de mon respect pour toi, tout aussi limpide que ma moquerie du moment.

Ce qui me permet de dire ce que je pense - dis donc comme c'est pratique !

Vois-tu, je pense pouvoir te dire que ce problème, même exprimé avec un certain tact, me passe totalement au-dessus de la tête parce que :

1) dans la vie il y a ceux qui s'imposent et qui "donnent envie", et les autres : sur le plateau j'ai été quelque peu affligé de la vacuité de ton discours et de tes remarques initiales - sans pour autant que cela soit une perception réfléchie sur l'instant, ni même encore moins une analyse rationalisée (je t'ai prévenu j'avais choisi l'option 2)). Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, il se peut que je recherche du regard et avec mes petites oreilles ceux qui me semblent "avoir un truc à dire", s'agiter sur leurs chaises et me faire les gros yeux pour prendre la parole : j'ai un scoop pour toi, c'est ce qui se passe sur tous les plateaux, et un peu d'autocritique quant à ta capacité d'éblouissement ne te ferait peut-être pas de mal ? (je t'avoue qu'il m'arrive constamment d'être moi-même le plus naze dans moult conférences où mon temps de parole n'excède pas les quelques secondes, sur d'autres par contre il m'arrive d'être en forme : mais je n'écris pas au présentateur par la suite pour philosopher sur la question) ;

2) Je ne peux qu'être le reflet de cette dynamique : je me préserve de l'horrible sensation de n'être que le passe-plat amical et consensuel auquel tes conférences ont dû t'habituer (conférences dans lesquelles je m'emmerde à mourir, entre nous: je parle de la plupart des confs B2B, pas de toi en particulier je te rassure - d'ailleurs là aussi je t'avoue en commettre des plus que médiocres moi-mêmes régulièrement : ça semble faire partie du truc, on n'est pas tous des prix Nobel invités chez Ted) -  et crois-moi, tes problématiques d'autopromotion et de temps perdu m'exaspèrent totalement à l'aune du temps et des ressources que j'investis moi-même pour vous faire une visibilité gratuite, non pas dans un objectif commercial tordu ou biaisé, mais comme un simple geek du 2.0 qui adore juste en parler (sinon je ferais des émission avec des pinups et je m'amuserais beaucoup plus tout en gagnant beaucoup de pognon) : alors le p'tit cadeau, vous en faites franchement ce que vous voulez : mais saisissez-le ! Et si je m'arroge le droit d'écrire une telle horreur : c'est que je l'ai pas volé, hein ;

3) Je suis très imparfait, très partial et je le revendique : je ne m'impose aucune règle, je ne travaille pas pour le service public, on peut penser ce qu'on veut de techtoc.tv je n'ai ni la grosse tête ni l'impression que ce soit autre chose qu'une initiative perso gratos et sans envergure et bourrée de mes inconsistances éditoriales; alors tu imagines bien que les plateaux, je les laisse se livrer à leur propre dynamique et que si un intervenant un peu plus orgueilleux que les autres a l'impression qua sa précieuse petite personne n'a pas été suffisamment mise en avant : cela tout au plus me fait sourire : surtout venant de toi qui a déjà eu, ton mail oublie de le préciser, ta petite interview en one-to-one qui a duré plus d'une demi-heure rien qu'avec toi, que pour toi, et que sur tes impressions, tes idées, ta super boîte etc. : ah mais tu avais oubié d'envoyer un email à cette époque pour nous remercier  ;

4) sur 408 contributeurs tu es le pemier à faire cette démarche. Bon. je donne ici même l'occasion à d'autres de se réveiller et de me faire parvenir leurs doléances. Mais quoiqu'il en soit, je combine pas mal de contradictions : j'ai un cerveau, un avis, je dis ce que je pense, mais je vous réinvite tous constamment, et grosso modo, vous pouvez tous venir défendre vos sujets et revenir les commenter et refaire encore d'autres plateaux. En tout cas, pour en revenir à ton message dolent, en terme d'autopromotion fait attention tout de même à t'habituer à une chose : il faut rester modeste, ne pas donner de leçons, faire son autocritique. C'est bien plus porteur.

5) Somme toute après visionnage du plateau je trouve avoir fait des efforts incommensurables pour me retourner régulièrement vers toi, te repasser la parole, chose que j'avoue n'avoir pu décider sur l'instant qu'avec une fraction de seconde accordée à mes neurones vieillissantes, mais il me semble avoir immédiatement perçu un intervenant flapi, plutôt disposé à enfoncer des portes ouvertes et à répondre à côté de la question par des "ben chez nous on offre ceci, cela, blabla": bref : les questions ne semblaient t'intéresser qu'à mesure qu'elle se ramenaient à toi, mais je ne pense pas t'avoir vendu un plateau en mode "branded content", si ? Vraiment ? Que je suis bête : je me suis pris pendant quelques minutes pour un apprenti journaleux ; 

 

Et néanmoins, maintenant que je t'ai dit tout cela, et que ça va certes mieux en le disant, sache que je serais heureux de t'inviter à nouveau.

Mon amitié est assujettie à une totale liberté de parole : si tu peux en faire un outil de travail, vas-y, tu pourrais être surpris de voir ce que ça fait d'avoir un camarade qui évite les phrases molles et consensuelles et qui, comme toi d'ailleurs, n'hésite pas à dire ce qu'il pense mais en plus direct : j'accepte d'ailleurs parfaitement, que dis-je, je me délecte de la réciproque car mes défauts et mes échecs m'enseignent infiniment plus de choses sur moi-même, et mon humaine nature, plus que mes glorioles et autres oripeaux tellement éphémères. 

Bref, si sur ces bases de complète transparence masochiste le dialogue te semble possible, tu es le bienvenu. 

Sinon, ne t'attends pas à ce que je puisse d'une façon ou d'une autre être ton obligé quand tu es invité sur un plateau.

Dis-toi bien que je suis un sale con superficiel : je laisse parler les gens qui me font un peu rêver. Et j'ai à ma décharge une très grande facilité pour m'intéresser aux autres : je n'échangerais pour rien au monde les contributeurs sympathiques qui portent avec sincérité leurs sujets d'intello du 2.0 en plateau, pas même contre une Angélina Jolie ou un président du monde. Moi, ce qui m'intéresse, c'est juste que le sujet soit traité. Je le jure !

D'ailleurs, les temps de parole tiennent à ce qu'un grand philosophe appelait des "je ne sais quoi ou presque rien", qui échappent totalement à mon contrôle."

 

 
Posted: 28.9.2009 - 8 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
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Le dos amoché par un faux mouvement (un coup de raquette de trop je crois), je me suis délecté ce dimanche en trouvant là une bonne excuse pour tester le surf depuis mon Iphone avec pour point de départ Twitterrific. A force de trop réfléchir au sujets qui touchent aux médias sociaux, j'avoue n'avoir plus, paradoxalement, l'œil neuf et désintéressé du simple internaute en goguette. Là, je l'avoue tout net, j'ai passé une chouette après-midi d'insouciance à vous lire tous, à cliquer sur les Twitts des uns et des autres, et à tout simplement me faire plaisir en laissant derrière moi, dans un seau humide, mon cerveau analytique. Qui plus est, le médecin m'a fait une bonne piqûre de morphine, j'étais particulièrement détendu et je réalise que c'est la première fois depuis belle lurette que je me balade sur les medias sociaux dans le simple but de passer un bon moment en complet spectateur. Alors sous influence, vous pensez bien que j'étais plutôt peace.

 

Là, je passe d'une alerte de geek à un buzz rigolo, d'une révélation sur Google à un pamphlet bien senti, etc. J'étais parti pour terminer le dernier Stephen King, un peu laborieux et décevant dois-je dire en passant, mais je suis resté collé sur mon minuscule écran et c'était vraiment gratifiant. Je me suis rappelé pourquoi nous faisions un excellent métier et la chance que nous avions de vivre de notre passion.

 

J'ai retrouvé mes titres de presse préférés et là, je tombe sur un article de Marianne2.fr qui m'interpelle :  "La pandémie de débatite nous guette". Article on ne peut mieux gaulé mais un brin donneur de leçon, qui m'amène à tapoter un commentaire à deux doigts depuis mon Iphone - un commentaire bien trop long pour ce terminal - mais je rappelle qu'étant plaqué au lit sur le ventre, j'étais condamné à faire preuve de patience.

 

Au lieu de paraphraser ce qui a été écrit de sympa autour de cet article, qui a donc suscité une très bonne conversation, je vous incite à le lire :

http://www.marianne2.fr/La-pandemie-de-debatite-nous-guette_a182195.html?com#comments 

 

...mais avant d'y aller, pour ceux qui ne l'auraient pas encore entrevu, je tenais à vous dire pourquoi je trouve important de partager cette lecture ici même : parce que c'est parfois, comme souvent dans ces medias sociaux, au détour d'une conversation anodine et dans le cœur de ses commentaires qu'on met le doigt sur quelque fulgurance.

 

En ce qui me concerne, voici l'idée qui m'a agité : étant abonné à Marianne, qui reste un des tout derniers bons bastions d'une presse satirique et indépendante en France, je me suis dit : "et si je faisais quelque chose de Bien ? - Je vais leur proposer notre studio et pour la beauté de la chose, donner tribune libre pendant 6 mois aux journalistes qui voudraient organiser des débats" : vous comprendrez pourquoi en lisant l'article il était vraiment si tentant de faire un tel geste (l'auteur du billet s'étant lancé dans une impitoyable diatribe sur ce qu'il estime être l'indigence des débats télévisés actuels, trop préformatés, prévisibles etc.). Ne pas le faire m'eût au contraire probablement laissé l'impression de n'être que trop mesquin : je ne pouvais pas ne pas transmettre cette proposition, comme si un petit engagement était ici impossible à refuser - quand bien même ma proposition fut-elle snobée. Il fallait essayer.

 

Mon point, et c'est ce que je voudrais partager avec vous, c'est que j'ai sincèrement, bien que maladroitement, voulu faire écho à la critique de l'auteur et lui tendre la perche pour qu'il trouve une solution pragmatique au problème qu'il soulève : puisque les débats mainstream à la télé c'est de la merde, que répondez-vous si je vous donne la possibilité d'en faire pendant 6 mois, autant que vous le voulez, gratuitement, dans un chouette studio TV - celui précisément que nous utilisons sans limite de temps ni censure pour nos débats de geeks TechTocquiens ?

 

Or voici le problème. Je suis perplexe. Car comme l'a très bien dit Vincent Berthelot dans les commentaires à ma suite (et après que je me sois fait attaquer pour suspicion de démarche publicitaire) : "...oui j'aimerais une réponse, construite, intelligente, drôle de votre journal et pas ce dédain mal placé de quelques commentateurs et encore plus vous voir sur un plateau nous expliquer dans un formidable paradoxe pourquoi les débats… c'est pas bien !"

 

Si vous nous suivez, j'imagine que c'est par curiosité ou pour nous encourager : j'ai souhaité partager ce petit épisode bloguesque pour connaître vos avis. Parce que cela nous mène à une réflexion sur le medium de demain. Dominique Rabeuf rappelle aussi dans son commentaire que "les personnes qui construisent le véritable Web du vingt et unième siècle ne sont pas journalistes pour la grande diffusion" : il n'a de cesse lui-même de tendre la perche pour qu'une légitimité puisse être explorée ici, en toute modestie, par les petits explorateurs que nous sommes. Emmanuel Gadenne m'a aussi fait plaisir en rappelant, remarque Ô combien salutaire face à l'hypocrite dénigrement de deux internautes inexplicablement amers face à mon petit plaisir d'offrir cette tribune (ah oui, c'était parce que bouhou, le vilain méchant capitaliste que je suis faisait un peu sa pub au passage), que la web-tv avait pour fondamentaux économiques un modèle quelque peu fragile… et qu'il lui fallait des financements qui avaient par exemple fait défaut à mobuzz.tv. Eh bien oui, c'est fragile, c'est dur, et nous faisons de notre côté des efforts scrupuleux pour assurer un développement à cette initiative.

 

Mais sans vous, elle ne trouvera guère d'écho.

 

C'est pourquoi je vous le demande : pensez-vous que nous aurions raison d'offrir une tribune aux journalistes de la presse écrite ? Seriez-vous prêt(e) à contribuer à diffuser cette information pour qu'enfin la presse la plus indépendante puisse laisser ses meilleurs journalistes prendre la parole loin des contraintes et des règles du show business usuel ?

 

Seriez-vous prêt(e) à nous aider à entretenir un "buzz" autour de cette offre ?

 

Je vais vous dire pourquoi le feedback m'intéresse. Parce que je suis fasciné. Je suis fasciné par la rapidité avec laquelle un projet un tout petit peu participatif et citoyen peut être parasité, voire noyé par les dénigrements par trop franchouillards qui vont parfois jusqu'à provoquer lassitude et découragement. Et parce que je suis aussi fasciné par la niaiserie des buzzs qui occupent le devant de la scène ces derniers jours. Je sais, je vais me faire traiter de gros con prétentieux : le raccourci facile habituel. Mais j'assume : des buzzs d'une niaiserie affligeante.

 

Et quand les gens demandent à ce qu'on ait des media "responsables", se doutent-ils qu'il y a en a parmi nous qui sont prêt à offrir les ressources qui permettront d'avancer dans cette direction ? Je suis encore fasciné parce que le journaliste de Marianne2.fr qui déplore la nullité des débats à la télé n'assume pas très courageusement ses propos : pour être pleinement cohérent, il ne fallait pas seulement qu'il se prépare de façon routinière aux critiques et autres trolls de passage sur son blog.

 

Il fallait aussi qu'il se prépare à savoir quoi dire à quiconque lui répondrait : "mais pas de problème, allez, venez, faisons ensemble la TV qui vous intéresse : je vous prête le matos, c'est gratuit, et je ne demande aucune contrepartie. Vous êtes libres !"

 

De quoi a-t-il peur : de sa propre liberté ?

Posted: 20.2.2009 - 1 comment(s) [ Comment ] - 0 trackback(s) [ Trackback ]
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Dans le droit fil d'une rencontre prestigieuse organisée par l'AFDEL (Association des éditeurs de Logiciels) le 19 mars prochain, lors de laquelle Webcastory sera là pour réaliser un petit reportage, nous proposons de prolonger la réflexion sur TTT de façon à donner de la visibilité à cette thématique auprès de notre audience constituée en grande partie d'entrepreneur du web et du monde logiciel.

Je suggère donc d'initier la conversation ici, avec la complicité du dynamique DG adjoint de l'AFDEL, Loic Rivière (qui ne devrait plus tarder à se connecter !).

Vos suggestions sur ce thème sont les plus attendues !

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