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Exercice difficile, voire impossible, pour une ministre en exercice qui ne peut décemment pas désavouer son propre gouvernement, et qui a adopté la seule stratégie possible : se réfugier derrière l’argument des vilains pédophiles, un terme répété à outrance durant la soirée, comme une incantation, presque une supplique : “foutez moi la paix, bordel !”.
La secrétaire d’état à l’économie numérique aura malgré tout posé deux points en forme d’engagements : la loppsi est limitée et se cantonne à la pédopornographie et rien d’autre, et la net neutrality est une valeur avec laquelle elle ne plaisante pas, même si, de toutes évidences, les pédophiles sont quand même plus fort que ça (la comparaison avec un point Godwin était inutile, mais il faut reconnaitre qu’elle s’est engagée pour la net neutrality à de nombreuses reprises).
NKM aura tout de même eu le mérite de prendre le contrepoint de Jacques Myard, le député qui rêve d’un internet Chinois, et, d’une certaine façon - très diplomatique (ou langue de bois, encore une fois, question de point de vue) -, de Nicolas Sarkozy, le président qui rêve de filtrer les pirates.
Ceux qui ont protesté demandaient qu’un débat public soit ouvert, c’est désormais chose faite. Il l’est.
Voici donc dans cette vidéo le document intégral des débats qui ont eu lieu à la cantine mercredi soir, où étaient réuni Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, Sandrine Bélier, députée européenne Europe Écologie, Alain Lambert, sénateur UMP et Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP.
(note de Fred : désolé pour la qualité de la vidéo et du son : La Cantine ne fournissait pas de boîtier presse pour l'audio, donc nous avons dû enregistrer tant bien que mal dans le brouhaha général, et il n'y avait pas de lumière - nous incitons les politiques là aussi à ne pas tomber eux-même dans l'alibi "le web faut que ça soit grunge et sympa pour être branchouille : allez bon sang dans des endroits bien éclairés où vos propos seront audibles pour le plus grand nombre)
Avant de vous livrer à un troll massif sur NKM (les abus seront censurés, je suis quand même responsable juridiquement de tout ce bordel), laissez moi vous donner mon sentiment personnel sur notre ministre de l’internet.
Quoi que vous puissiez penser d’elle, c’est ce que l’on peut espérer de mieux dans la situation actuelle. Le jeu de la politique lui fait approuver ce qu’on lui demande d’approuver, c’est un jeu idiot, mais c’est ainsi. De l’autre coté du champ politique, on s’opposera en feignant d’ignorer qu’en Espagne, où l’on est passé à la vitesse supérieure et o ù la dictature numérique de l’ACTA est en train de s’installer, ce sont les socialistes qui sont au pouvoir.
C’est aujourd’hui le dernier petit rempart qui peut tenter, si ce n’est de stopper une dictature numérique dans le pays de la révolution Française, du moins d’adoucir les angles, de retarder l'inévitable, de le renvoyer à plus tard. Le temps, peut être, pour les esprits échauffés d’un monde qui se meurt sous nos yeux, d’admettre que leur temps est venu, et qu’il faut accepter de, tranquillement, en douceur, faire place, ou tout du moins plus de place, à un monde nouveau qui s’annonce bruyamment.
Il reste encore un espoir d’une transition - relativement - douce. Si NKM part, nous sommes presque assurés de renouer avec une autre vieille tradition Française, pas la dictature, cette fois ci, mais cette tradition qui a fait notre réputation à travers le monde, et qui a donnée naissance à ce que nous somme en train de voir s’envoler : la démocratie.
Les révolutions ont un coût, bien plus élevé que les transitions. Je sais, c’est tentant les barricades, d’autant qu’en numérique, ça peut avoir de la gueule, mais est-ce vraiment nécessaire ? A l’heure d’aujourd’hui, à mon sens, une autre voie est encore possible.
#hope #yeswecan
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