Gael SOLIGNAC ERLONG, Dg de SIXTIZEN (dont je viens de voir le site hypnotisant, sur lequel je suis resté scotché en temps réel au moins dix bonnes minutes ;) ), ainsi que Fabrice EPELBOIN, du prestigieux ReadWriteWeb.fr, nous ont successivement suggéré (indépendamment l'un de l'autre) de créer un plateau sur le thème du REAL TIME WEB.
Nous devrions non seulement les en remercier (pour nous avoir ouvert les yeux sur l'importance et l'actualité du sujet qu'à vrai dire et en toute franchise nous avions du mal à cadrer tant il est vaste et flou en tant que tel) mais en profiter pour dire à quel point il était urgent que nous nous y attelions et à quel point nous regrettons de ne pas l'avoir fait plus tôt tant il est foisonnant en pistes de réflexion à mener. Et quasiment aucune de ces pistes n'est innocente quant aux impacts qu'elles auront de plus en plus sur nos vies quotidiennes .
Car c'est un sujet qui, si l'on n'y prend garde, se révèle d'une amplitude inextricable, et qui comme tous les vastes sujets n'échappe pas à la règle : il y a de trop angles d'approche pour ne pas prendre le risque de se planter sur le premier que nous allons choisir. En simplifiant, voici une première dichotomie : il y a un angle qui est celui de la dimension collaborative (en entreprise) et celui de la pure communication media.
Que diffuse-t-on dans l'internet du Real Time ? - De l'instant. Cela peut sembler absurde de l'écrire ainsi, mais on consomme aussi, d'ailleurs, de l'instant. Aussi est-ce par définition volatile, émotionnel, imprécis, désordonné et pourtant, les outils digitaux y remettent de l'ordre et structurent, en les récupérant, en les aspirant, ces flux de l'instantanéité où l'impulsion est reine. Cette pensée qui, prise isolément, n'aurait qu'un attrait limité en 140 caractères sur mon blog devient une goutte certes, mais une goutte utile, dans un torrent de connaissance sur Twitter. Cette photo saisie dans la rue décuple sa valeur intrinsèque parce qu'elle devient non seulement, si le sujet s'y prête, une actu, mais une actu parfaitement im-médiate relayée auprès d'une communauté connectée. Cette vidéo, enfin, que je diffuse en live à l'aide d'un cellulaire dernier cri équipé de Qik, pour ce citer que celui-là , devient une retransmission broadcast dont l'audience initiale est constituée par ceux qui parlent le même langage que moi.
Mais une fois que je suis entré en extase devant le potentiel du sujet, qu'est-ce qui justifie qu'il se prête à une réflexion collective sur ses implications (et donc un débat) : voilà bien mon point de départ.
Qu'est-ce que nous allons encore pouvoir vous apprendre sur ce thème, et c'est là ma propre méfiance encore persistante, qui dépasse le stade de la fascination pour l'évidence et les appels du pied à marques communicantes en quête de supports innovants ?
C'est vrai qu'il faut d'abord ouvrir les yeux, et c'est déjà beaucoup, sur cette réalité de l'instantanéité du web aujourd'hui - mais là , rien de nouveau sur le soleil.
Concrètement, Gaêl, je le cite, nous annonce dans la combinaison du Live et du Digital : "le meilleur des "deux mondes" au service d'une communication plus "affinitaire" et mieux intégrée".
Je continue à citer Gaël, avec sa permission : "Si le DIGITAL permet de mieux cibler les consommateurs et d'entrer en "conversation" avec eux, le LIVE offre un potentiel émotionnel incomparable pour fédérer des communautés, créer des temps forts de marque, participer à la construction de la "valeur perçue" d'annonceur en quête d'affect.
A l'instar de celles des acteurs du Luxe ou de l'Entertainment (défilés LVMH ou Alexander Mc Queen en direct sur Facebook ; concert de U2 live sur YOUTUBE dernièrement), des initiatives mixant le "meilleur des deux mondes" commencent à émerger de plus en plus."
Fabrice de ReadWriteWeb ne le contredirait pas sur l'importance du sujet, RWW a d'ailleurs organisé en Octobre dernier un Real Time Web summit sur le sujet - mais peut-être voudrait-il l'élargir à de plus larges considérations sur l'impact des technologies REAL TIME sur notre quotidien.
Je propose de conserver l'approche "media" qui est celle suggérée par Gaël, histoire de cadrer le sujet pour démarrer sur ce premier plateau ; un suivant pourra plus explicitement aborder les aspects collaboration au niveau de l'entreprise.
Ici, ce que je voudrais comprendre, c'est comment les marques vont pouvoir introduire leur message dans cet acte de consommation de l'information instantané sans paraître intrusives, puisque l'instantané a quelque chose d'intime. mais il a surtout une dimension dénuée de toute intermédiation. le REAL TIME WEB c'est la suppression des barrières intermédiaire à la diffusion d'une information.
Comment les marques pourront-elles s'approprier cette démarche de façon suffisamment intelligente pour ne pas avoir l'air de nous confisquer une partie de notre quotidien intime, ni s'immiscer dans nos flux de relations interpersonnelles ?